Ainsi donc après deux années de patience, et bien des palinodies des autorités ecclésiastiques, six séminaristes de la Société des Missionnaires de la Miséricorde Divine (SMMD) seront, enfin, ordonnés diacres par Mgr Touvet, évêque-auxiliaire de Fréjus-Toulon le 1er décembre prochain selon le rituel d’ordination réformé mais au cours d’une messe célébrée selon la forme traditionnelle du rite romain. Directeur du mensuel catholique La Nef, Christophe Geffroy se réjouit de cette nouvelle dans son éditorial de novembre mais il avoue son incompréhension devant ce qu’il qualifie d’« étrange logique ». En effet il établit une comparaison entre les difficultés qui ont été faites aux Missionnaires pour leurs ordinations alors qu’il juge leur communauté exemplaire car » il n’y a chez eux aucun exclusivisme liturgique puisqu’ils célèbrent la messe de Paul VI à l’occasion » et la bienveillance pontificale dont bénéficierait la Fraternité Saint Pie X (FSSPX). « N’est-il pas quelque peu cynique de sévir contre ceux qui se montrent les plus loyaux comme s’il fallait instaurer un rapport de force pour être pris en considération ? » demande le Directeur de la Nef.
Rappelons quelques faits relatifs à l’histoire de la messe et de la résistance traditionaliste qui a permis, depuis un demi-siècle, la survie du rite traditionnel.

L’Histoire de la Messe interdite
Dès son institution le rite réformé a eu vocation à prendre la place du rite ancien qui devait disparaître. Ainsi la Documentation catholique du 4 juillet 1971 notait, commentant une notification de la Congrégation pour le culte divin : « En France, le Nouvel Ordo Missae est obligatoire depuis le 1 janvier 1970 » et donc la célébration de la messe traditionnelle interdite. Ce que confirmera Paul VI lors du consistoire du 24 mai 1976 : « L’adoption du nouvel Ordo Missae n’est certainement pas laissée à la libre décision des prêtres ou des fidèles. (…) Le Nouvel ordo a été promulgué pour être substitué à l’ancien ». Les prêtres et les fidèles qui ont continué, après 1970, à célébrer ou à assister à la messe selon le rite traditionnel et dont Benoit XVI a vanté dans son motu proprio du 7 juillet 2007 « l’amour et l’affection » pour « les formes liturgiques précédentes » l’ont fait à l’encontre de la volonté clairement affichée du pape.
Après le décret, encore très restrictif, de la Congrégation du culte divin du 3 octobre 1984 Quatuor abhinc annos, (destiné, aux dires du cardinal Lustiger, à la Chine !) le motu proprio de Jean-Paul II Ecclesia Dei afflicta du 2 juillet 1988 a opéré une première étape significative du processus de libération de la messe. Le pape y demandait aux évêques un « accueil large et généreux » des fidèles attachés aux « traditions spirituelles et liturgiques de l’Eglise ». Trois jours plus tôt, le 30 juin, NNSS Lefebvre et de Castro-Mayer, évêque émérite de Campos au Brésil, avaient procédé au sacre épiscopal, sans mandat pontifical, de quatre évêques pour la FSSPX. Il faudrait être bien naïf pour ne pas voir dans cette soudaine libéralité romaine les conséquences d’un « rapport de force » devenu défavorable à Rome par la pérennité, humainement assurée, de la FSSPX grâce à la présence, en son sein, d’évêques pouvant procéder aux nécessaires ordinations sacerdotales.
On notera, en complément, que les créations des communautés attachées à la messe traditionnelle qui sont advenues dans le cadre de l’application du motu proprio Ecclesia Dei ont généralement été accordées en référence au protocole d’accord signé entre le cardinal Ratzinger et Mgr Lefebvre le 5 mai 1988 et dénoncé par celui-ci dès le lendemain. Or, ce protocole prévoyait la consécration d’un évêque pour la Fraternité Saint Pie X. Evêque que, presque quarante années après les faits, et faute, semble-t-il, d’un rapport de forces favorable, les communautés dites ex Ecclesia Dei attendent toujours.
Le motu proprio Traditionis custodes publié le 16 juillet 2021 par le pape François renoue désormais avec la volonté d’éradication du rite romain traditionnel voulue dès l’origine par les initiateurs de la réforme liturgique. Dans ce nouveau contexte, la position des Missionnaires de la Miséricorde ne doit pas sa nature précaire à leur esprit, bon ou mauvais, à leur enthousiasme ou à leurs réticences à l’égard du magistère postconciliaire, mais au fait qu’à la différence de la majorité des communautés ex Ecclesia Dei, cette association de prêtres n’est pas de droit pontifical mais de droit diocésain. Et cela, dans un diocèse dont l’évêque titulaire, Mgr Rey, a été mis sous contrôle d’un auxiliaire, Mgr Touvet, chargé d’y réduire le poids des communautés traditionnelles. Au fait, donc, que le rapport de force lui soit devenu défavorable.
Qui est responsable de la persécution de la messe traditionnelle ?
Dans sa méditation sur le sort fait par les autorités vaticanes aux prêtres et aux fidèles attachés à la messe traditionnelle, Christophe Geffroy en vient, en outre, à attribuer une part éminente de la responsabilité de leur persécution à Mgr Lefebvre, déplorant que celui-ci, ayant fait de la messe un « combat violent et polémique », aurait rendu ainsi impossible au pape, sans donner l’impression de capituler de « laisser faire l’expérience de la Tradition ». Il nous invite dès lors à tourner le dos à son exemple et à « abandonner toute idéologie » sur ces questions.

Historiquement, on fera amicalement observer à Christophe Geffroy que ce qu’il dit est complètement faux. Car Mgr Lefebvre n’a jamais fait le choix volontaire de faire de la messe un étendard. Rappelons la chronologie des événements. En 1970, au moment de l’interdiction de la célébration de la messe traditionnelle, Mgr Lefebvre est peu connu du grand public. Il travaille alors, en toute discrétion, à la fondation de la FSSPX, qui sera érigée canoniquement le 1 novembre par Mgr Charrière, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. Parti pris de réserve qui incitera Mgr Lefebvre à ne pas collaborer au numéro spécial de la revue Itinéraires : Le Saint Sacrifice de la Messe (sept-oct 1970) qui marquait la décision de prêtres (père Calmel (o.p.), père Guérard des Lauriers (o.p.), abbé Dulac) et de laïcs (Madiran) de rester fidèles à la messe romaine traditionnelle. Mgr Lefebvre s’était dans le même temps, gardé de donner suite aux objurgations de l’abbé de Nantes, qui l’incitait à user de sa qualité de membre de l’Eglise enseignante pour mettre en cause publiquement les orientations du pontificat de Paul VI (« Frappe à la tête ! »). Il entendait bien plutôt obtenir qu’on le laisse faire, paisiblement, « l’expérience de la Tradition ».
Or, cette prudence ne détournera pas les évêques de France de refuser d’emblée de donner le moindre ministère aux prêtres qui seraient formés par l’ancien archevêque de Tulle dans un séminaire qualifié de « sauvage » par le père Marcus, alors supérieur du séminaire des Carmes à Paris, lors d’une réunion de prêtres. Elle n’empêchera pas les autorités romaines, d’entamer, en novembre 1974 avec une visite apostolique hostile, le processus qui débouchera en mai 1975 sur le retrait de l’approbation canonique d’Ecône et donc l’interdiction d’ordonner des prêtres, par Mgr Mamie, successeur de Mgr Charrière, puis en juin1976 sur la suspense a divinis du prélat qui avait passé outre à l’interdiction des ordinations. La démonstration reste dès lors à faire que l’acceptation de la réforme liturgique aurait « peut-être » permis de laisser faire l’expérience de la Tradition. La réalité de l’observation de l’enchaînement des faits manifeste plutôt que c’est grâce à une résistance ferme et argumentée, reposant principalement sur une société de prêtres non soumise aux dérives modernistes romaines – la Fraternité Saint Pie X- face à un abus de pouvoir pontifical tendant à couper l’Eglise de sa Tradition liturgique et doctrinale que, peu à peu, a été reconquise la liberté de célébration de la messe traditionnelle, aujourd’hui de nouveau mise en cause.
Où est l’idéologie ?
Doctrinalement, on se permettra d’observer que c’est une marotte du pape François, devenue par voie de conséquence un tic chez ses laudateurs, que de dénoncer tout attachement un peu ferme à la doctrine comme une dérive de la foi vers « l’idéologie ». Or, ce ne sont pas les traditionalistes qui ont inventé, par raideur intellectuelle et froideur d’âme le fait que dans l’Eglise catholique, les dogmes soient inchangeables, que les papes eux-mêmes leur soient soumis, et que la liturgie qui les exprime et les met en pratique ne peut donc être touchée et réformée que d’une main tremblante.
Le malheur des temps, et les divisions qui leurs sont inhérentes ont en revanche fait apparaitre parmi eux, depuis l’avènement du pape François, deux écoles, avec des nuances et des variantes qui cohabitent ou s’affrontent selon les cas.
Certains affirment en effet qu’il est indispensable de faire des concessions aussi bien pratiques que doctrinales avec les réformes issues de Vatican II. L’herméneutique de continuité n’est plus, pour eux, une démonstration à faire sur chaque sujet litigieux, une réinterprétation à proposer, comme avait tenté de le faire par exemple Benoit XVI sur le Subsistit in de Lumen Gentium (Que voulait dire la formulation selon laquelle l’Eglise de Dieu « subsistait » dans l’Eglise catholique ? Comment l’interpréter sans remettre en cause le dogme selon lequel l’Eglise de Dieu « est » l’Eglise catholique ?), mais un super dogme d’où devaient découler la réinterprétation de la Tradition de l’Eglise à la lumière de Vatican II et l’obéissance aveugle à tous les commandements que la hiérarchie en place édicte en son nom. Christophe Geffroy appartient sans conteste à cette école.
Le problème est que cette stratégie rend difficile toute analyse critique de certains textes du Concile Vatican II et de certaines innovations postconciliaires, comme la réunion d’Assise, la bénédiction des couples homosexuels, l’ouverture progressive au sacerdoce des femmes, l’anarchie doctrinale ou la synodalisation de la liturgie. Elle conduit donc à mettre les questions épineuses sous le tapis, par refus de « dialectiser les échanges », tout débat doctrinal risquant d’être qualifié de « querelle idéologique ». La soumission à la volonté du pape devient pour ses tenants « l’ultima ratio », exercice extrêmement délicat quand les actes du pape ne paraissent pas d’une logique cartésienne implacable, celui-ci, « en même temps », promulguant Traditionis custodes et confortant la Fraternité Saint Pierre et l’Institut du Christ-Roi dans leurs entreprises. D’autres, parmi lesquels se range l’auteur de ces lignes, estiment que l’imbroglio dans lequel se trouve l’Eglise exige une grande prudence et circonspection dans l’acceptation des réformes issues du Concile Vatican II. Cela d’autant plus que l’enseignement post- conciliaire évolue à une vitesse vertigineuse. Nous en sommes ainsi, en moins de cinquante ans, à la troisième version de la traduction du Pater en français et également à la troisième rédaction du paragraphe du Catéchisme de l’Eglise Catholique sur la peine de mort.
La tragédie de l’Eglise
Au fond, le drame de Christophe Geffroy est qu’il arrive trop tard dans un monde trop vieux. Il était fait pour être zouave pontifical, courageux et brave soldat au service de Pie IX, animé par la certitude chevillée au corps que, comme il l’écrit, « l’obéissance dans l’Eglise est toujours porteuse de fruits ». Belle maxime qui claque comme un étendard mais qui fait l’impasse sur le fait que l’obéissance « perinde ac cadaver » est parfois un refuge contre les responsabilités et les décisions personnelles, un oubli qu’elle est une vertu virile associée à la vertu cardinale de justice, et non une servilité.
Il n’est en effet pas certain que Mgr Touvet soit lui-même toujours enthousiasmé par toutes les déclarations du Saint-Père et les directives qui lui sont transmises par Mgr Migliore, nonce à Paris. Son drame est de les appliquer par un sens dévoyé de l’obéissance qui fait du caporalisme une vertu, et néglige le fait que le salut des âmes soit le critère ultime du discernement. Le sort réservé aux Missionnaires de la Miséricorde Divine apparaît, dans ce contexte, comme le révélateur de la tragédie de l’Eglise. Il témoigne d’abord que si idéologie il y a, elle est l’apanage des fonctionnaires ecclésiastiques qui président à ses destinées et qui persistent, contre vents et marées, à appliquer des recettes qui depuis soixante années ont fait la preuve de leur inefficacité alors que chaque jour sont plus évidents les fruits, visibles, de l’utilisation des pédagogies traditionnelles de la foi.
Jean-Pierre Maugendre vient de publier : Quand la mer se retire, La tragédie de l’Eglise au XX éme siècle, Contretemps, 608pages, 24,9 Euros.
20 réponses
« Le Seigneur déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. Mais comment la justice surpassera-t-elle, si la miséricorde ne triomphe pas ? Et qu’y a-t-il d’aussi juste ou d’aussi digne, pour la créature faite à l’image et ressemblance de Dieu, que d’imiter son auteur ? Celui-ci a fait consister le pardon des péchés dans la restauration et la sanctification des croyants ; en écartant la sévérité de la vengeance, en faisant cesser tout supplice, il a voulu que le coupable revienne à l’innocence et que la disparition du péché soit la naissance des vertus. ~ ….la justice chrétienne peut surpasser celle des scribes et des pharisiens, sans abolir la loi mais en refusant de la comprendre de façon charnelle »
(extrait office des lectures 25/11/24, Homélie de saint Léon Le Grand (+461))
« … faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance de Dieu, à la connaissance de Dieu la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété la fraternité, à la fraternité l’amour. »
(extrait office des lectures 25/11/24, 2P 1, 5-7)
À La façon d’agir de Dieu les amis, et oui, à la façon d’agir de Jésus !
« … de sa bouche sortait un glaive acéré à deux tranchants.
Son visage brillait comme brille le soleil dans sa puissance.
Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort, mais il posa sur moi sa main droite, en disant :
« Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant :
j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles ;
je détiens les clés de la mort et du séjour des morts.
Le vainqueur, celui qui reste fidèle jusqu’à la fin
à ma façon d’agir,
je lui donnerai autorité sur les nations,
Il sera comme moi qui ai reçu autorité de mon Père, et je lui donnerai l’étoile du matin… » (Lecture de ce jour 24/11/24; Ap AP 1, 16b-18; 2, 26.28;)
Père de deux prêtres « tradis », l’un dans la FSSPX, l’autre dans la FSSP, j’approuve sans réserve ce que JPM a écrit et que soutiennent certains des commentateurs mais je souhaite, par contre, qu’il n’y ait pas d’ostracisme entre les tenants de chacune de ces Fraternités (et bien d’autres comme le Christ-Roi et nombre de membres de congrégations ou ordres collatéraux. Ma fréquentation des uns et des autres me permet de constater que, sauf rares exceptions, les prêtres (ou religieuses) de la mouvance traditionnaliste sont également attachés de façon rigoureuse à la messe de Saint Pie X et la doctrine telle que toujours enseignée avant Vatican II. Ce qui distingue les uns des autres est la stratégie adoptée pour « sauver les meubles » au maximum, les uns considérant qu’il n’y a absolument rien à attendre de bon venant de la Rome actuelle, les autres estimant qu’il faut éviter dans l’immédiat de radicaliser nos positions pour éviter un nouveau schisme dont les risques seraient désastreux. J’avoue être indécis quant au bien-fondé de chacune de ces deux options. Je demande, en tout cas, que nous ayons sur chacun des deux camps un regard bienveillant car ils sont tous deux détestés de la Rome moderniste, et le désir évident de l’un et de l’autre est celui d’assurer la survie de la Tradition. Prions pour leurs prêtres et séminaristes et ayons pour eux et avec eux un projet d’Union Sacrée, plutôt que de céder à la tentation d’un dénigrement systématique de leur choix.
M Toulza La Fraternité St Pierre a été fondée en 1988 par des prêtres parjure et renégats de la Fraternité St Pie X qui trahissaient honteusement Mgr Lefebvre à qui ils devaient tout et qui fut le Saint Athanase du 20ème siècle.
Le marché proposé par la Rome moderniste était le suivant : vous acceptez Vatican II , vous condamnez Mgr Lefebvre et en échange on vous donne le droit de célébrer la messe traditionnelle et les sacrements traditionnels.
L’engrenage infernal était lancé. Les supérieurs de la Fraternité St Pierre allaient affirmer que Dignitatis humanae était conforme à la doctrine de l’Eglise !!!! Puis ensuite les supérieurs de la Fraternité St Pierre allèrent jusqu’à approuver la cérémonie inter religieuse d’Assise qui était pourtant un monument d’hérésie et d’apostasie jamais vu auparavant.
Plus récemment la Fraternité St Pierre a remercié le pape pour Traditionis Custodes.
Bien sur la Fraternité St Pierre reste silencieuse sur les bénédictions de couples contre nature ou adultères ainsi que sur la communion sacrilège donnée aux adultères
On voit bien que la Fraternité St Pierre de concessions en compromissions tombe de plus en plus bas.
Mais la révolution de Vatican II est un bloc. On ne peut pas accepter certaines parties de la révolution et en refuser d’autres.
La Fraternité St Pierre peut continuer de séduire la Rome moderniste tant qu’elle peut, la Rome moderniste demandera toujours davantage de concessions.
Dans cette destruction épouvantable de l’Eglise et de la foi catholique sans précédent, la seule solution est de refuser absolument Vatican II et de suivre Mgr Lefebvre (la Fraternité St Pie X actuellement qui continue dans la même voie) sauveur de la foi catholique et St Athanase du 20ème siècle.
Entièrement d’accord avec M Maugendre qui rend (enfin !!!) hommage à Mgr Lefebvre.
M Geffroy fait partie de ces catholiques qui acceptent la nouvelle messe protestantisée et pour qui la question de la messe relève de la sensibilité.
M Geffroy devrait savoir que l’on peut faire des concessions à la révolution, la révolution en demande toujours davantage.
Non , non et non il ne faut faire aucune concession avec les hérésies de Vatican II. Aucun compromis avec la révolution.
Relisons la magnifique déclaration de Mgr Lefebvre du 21/11/74 dont nous fêtons le cinquantenaire et qui résume la position de ceux qui veulent rester catholiques.
« Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.
Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.
Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.
Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles.
« S’il arrivait, dit saint Paul, que NOUS-MÊME ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. »
Gal. 1, 8.
N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église.
On ne peut modifier profondément la « lex orandi » sans modifier la « lex credendi ». A messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours.
Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit.
La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme.
C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures.
C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.
Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les « fideles dispensatores mysteriorum Domini Nostri Jesu Christi in Spiritu Sancto ». Amen. »
Mgr Marcel Lefebvre
« un repos sabbatique doit encore advenir pour le peuple de Dieu.
Car Celui qui est entré dans son repos s’est reposé lui aussi de son travail, comme Dieu s’est reposé du sien.
Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos-là, afin que plus personne ne tombe en suivant l’exemple de ceux qui ont refusé de croire.
Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. » (Lettre de saint Paul aux Hébreux 4, 10-12)
Au milieu il y a le Christ, la Parole Vivante de Dieu, et, sa voix est aujourd’hui le pape François, le successeur de Pierre, la pierre sur laquelle le Christ poursuit la construction de la Sainte Église.
Lisons la catéchèse du Pape François sur -la prière – …catéchèse offerte lors des Audiences Papales, durant les tribulations de notre temps : 2020-2021. Elle est un éclairage significatif sur le travail de Dieu dans l’aujourd’hui de nos vies.
Pauvre Rebecca elle est belle la catéchèse de Bergoglio : toutes les religions mènent à Dieu, il faut bénir les couples adultères et contre nature, il faut adorer Pachamama, il faut accueillir tous les migrants en Europe (ce qui favorise l’islam), le prosélytisme (pour les catholiques) est interdit.
C’est une catéchèse qui vient tout droit de l’Enfer.
Bien sûr, pour comprendre et accepter ce que j’ai écrit précédemment, il est nécessaire d’avoir réellement écouté, entendu, et accueilli les catéchèses du pape François sur la prière.
Nous serons jugés sur l’amour que nous avons les uns pour les autres.
Quand on vous lit on est effrayé de voir l’ignorance totale des catholiques modernes qui ne connaissent plus rien ni à la doctrine de l’Eglise ni à la plus élémentaire morale.
Vous ne savez pas que le péché impur contre nature béni par Bergoglio est un péché qui crie vengeance devant Dieu ?
Vous ne savez que l’adultère béni aussi par Bergoglio est un péché mortel ?
Vous ne savez pas que communier en état de péché mortel est un sacrilège ? Or Bergoglio profane le Saint Sacrement en autorisant les adultères à communier (amoris laetitiae).
Le seul conseil que je peux vous donner est d’acheter le catéchisme de St Pie X.
« Comment nous réjouissons-nous dans le Seigneur,
si le Seigneur est loin de nous ?
Mais il n’est pas loin !
C’est par ta faute qu’il est loin.
Aime-le, et il s’approchera ; aime-le, et il habitera en toi.
Le Seigneur est proche.
Ne soyez inquiets de rien.
Tu veux savoir comment celui que tu aimes est avec toi ?
Dieu est amour.
Tu vas me dire :
« Mais qu’est-ce que l’amour » ? L’amour est ce par quoi nous aimons.
Qu’est-ce que nous aimons ? Le bien inexprimable, le bien plein de bienfaits, le Créateur qui est bon, et qui a créé tous les biens.
C’est lui qui fera tes délices, car c’est de lui que tu reçois tout ce qui fait tes délices.
Je ne parle pas du péché, car le péché est la seule chose qui ne vienne pas de lui.
Hormis le péché,
c’est de lui que tu tiens tout ce que tu as. » ( Sermon de saint Augustin ( +430) Office des lectures de ce jour mercredi 20 novembre 2024)
Et moi je vous dis qu’en suivant un pape idolâtre, adorateur de Luther et Pachamama, persécuteur de la vraie messe, destructeur de la foi catholique, qui fait l’apologie du péché et le bénit (y compris les péchés les plus graves) vous prenez le chemin de l’Enfer.
« Et moi je vous dis que » vous confondez l’enfer et l’Amour brûlant du Seigneur qui nous modèle tel un forgeron…tel un potier nous sommes dans ses mains comme l’argile.
C’est clair, c’est net, c’est raisonnable et ça incite à la réflexion. Du fond du coeur, merci. Je découvre cet article via Riposte Catholique, et il ravive en moi des questions qui me semblent insuffisamment traitées. Pardon si vous les avez déjà exposées.
Au-delà des clivages, questions pour gens raisonnables et apaisés :
– l’Eglise a-t-elle oui ou non le droit de réformer sa liturgie ? Pour le oui : elle l’a déjà fait dans le passé. Pour le non : Mgr Schneider disant que la messe est le coeur de l’Eglise, et que l’Eglise est malade du coeur, ce qui déregle tout le reste, semble toucher juste. Problème : où est la limite entre la juste réforme et l’excès ? Et sur quels facteurs se prononcer ? On pourrait argumenter que depuis Moïse, la liturgie de la Terre a pour noble mission de rendre visible celle du Ciel, qui est par essence éternelle et immuable. Mais avec cet argument, le Christ lui-même n’aurait pas pu abolir les sacrifices anciens, donnés par Dieu. L’éternité du Ciel se heurte à la vie sur Terre et la question de la croissance de l’Eglise vers un état de plus grande perfection. Gregory Solary a poussé cet argument jusqu’à l’absurde, faisant de la vie contemporaine (mouvante) l’étalon de la foi comme de la liturgie. Cependant, l’Histoire montre une progression qui n’est pas toujours déviance : Dieu a progressivement préparé les Hébreux à la venue du Messie, et dans l’Eglise la révélation du Sacré-Coeur puis du Coeur Eucharistique démontre aussi une très patiente pédagogie et une croissance. Donc, là encore : où est la limite, et quels sont les critères, entre croissance dans l’intelligence de la foi et déviance, et qui statuera ? Car malheureusement l’avis du pape génère désormais plus de désorientation que de confirmation dans la foi.
Restera aussi le problème qui affecte les deux camps, témoignage de quelqu’un qui pratique les deux communautés : la persécution des évêques contre le rit ancien est un scandale criant pour les gens de bonne volonté. Nos évêques ne se rendent pas compte à quel point ils détruisent leur propre crédibilité par leur injustice flagrante, publique, et leur manque constant de charité. Voici pour les uns. Hélas de l’autre côté, peut-être à force de rejet mais aussi à cause de ressorts inhérents dont il faudrait prendre conscience et qu’il faudrait remettre en cause, la facilité des tradis à rejeter et à condamner est aussi un scandale grave et persistant. Dans certaines communautés, on distingue les « vrais tradis » (sur 3 générations) des « faux tradis » (récents), dont on s’éloignera et qu’on isolera par peur de la contagion. Cela aussi est un scandale, constatable en des points variés du territoire, ce qui conduit à penser que le problème est structurel.
Dans l’espoir que nous communierons un jour tous à l’amour de Dieu et l’amour du prochain, de manière plus apaisée et apaisante qu’à présent,
Union de prières,
On peut savoir ce qui nous vaut une telle polarisation sur la question liturgique, de la part des catholiques traditionnels, qu’ils soient non opposés au Concile ou non partisans de Vatican II, alors que ce n’est pas avant tout ni seulement sur la question liturgique que les philosophes et les théologiens qui ont inspiré les « intuitions prophétiques » du Concile Vatican II l’ont inspiré, puisqu’ils ont inspiré ce Concile sur de toutes autres questions, au moins aussi importantes ? L’arbre de la liturgie cacherait-il la forêt des autres questions, que les catholiques traditionnels qui s’imaginent que l’on peut être « tradiciliaire », id est traditionnel et, « en même temps », conciliaire, refusent aveuglément et obstinément de traiter ?
Les catholiques traditionnels non opposés au Concîle Vatican II et à l’herméneutique du renouveau dans la continuité, ainsi que les catholiques traditionnels non partisans de ce Concile et de cette herméneutique, sont-ils « plutôt pour » ou « plutôt contre » les considérations traditiophobes, notamment non augustiniennes ni thomistes, présentes dans les nouvelles relations des clercs catholiques à l’Écriture et de la Tradition, dans les nouvelles relations de l’Eglise ad extra, dans les nouvelles relations des clercs catholiques à la foi catholique et à la morale chrétienne, etc…, qui sévissent, dans l’Eglise, encore plus depuis François que depuis Jean XXIII, ce qui n’est pas peu dire ? Les uns et les autres n’ont qu’à s’approprier ce genre de question et s’interroger sur leur absence de volonté d’y répondre clairement, ou sur leur déficit de volonté d’y répondre nettement.
Voici une autre manière de poser la même question : les catholiques traditionnels sont-ils plutôt pour ou plutôt contre les expressions et les omissions emblématiques de l’idéologie de l’adaptation, de l’avenir, du dialogue, de l’évolution, de l’inclusion, de l’innovation, de l’ouverture, du renouveau et de l’unité qui constitue l’idéologie explicite et officielle du nouveau régime ecclésial depuis le Concile Vatican II ? S’ils sont plutôt pour, ils ont la possibilité de le dire, et s’ils sont plutôt contre, ils ont également la possibilité de le dire. Aussi, qu’ils le disent avec courage et franchise !
Par exemple, que des catholiques tels que Christophe Geffroy et des catholiques tels que Jean-Pierre Maugendre disent, « une bonne fois pour toutes », s’ils sont plutôt pour ou plutôt contre l’esprit du Concile, dans son acception montinienne, l’esprit d’Assise, dans son acception wojtylienne, et l’esprit d’inclusion, dans son acception bergoglienne, au lieu de continuer à traiter la question liturgique d’une manière aussi disproportionnée.
C’est à se demander si la polarisation sur la question liturgique n’est pas, chez certains catholiques traditionnels, la manifestation extérieure d’un phénomène de « surcompensation thématique » : comme on ne peut pas, ne sait pas ou ne veut pas se donner les moyens de connaître, de comprendre et de juger les autres dimensions ou domaines de la crise de l’Eglise, on se concentre sur ce que l’on connaît et comprend déjà bien.
Du coup, on parle bien plus rarement des raisons extra-liturgiques pour lesquelles la crise de l’Eglise s’auto-alimente, sous l’angle doctrinal comme sur le plan pastoral, au risque de laisser entendre qu’il suffirait de laisser la liturgie traditionnelle vivre sa vie pour remédier à une crise aussi grave.
C’est à se demander s’il est possible de savoir, au contact de certains auteurs catholiques traditionnels (qui espèrent obtenir ou préserver quelles oasis liturgiques ?), s’ils sont à la fois capables et désireux d’expliciter leur opposition à l’aggravation, sous François, du contournement de ses propres fondamentaux par le catholicisme contemporain et du dépassement de ses propres enseignements par l’Eglise contemporaine, alors que nous subissons ce contournement et ce dépassement depuis AVANT le début de la formation philosophique et théologique du futur pape François.
J’avais lu le texte de Christophe Geffroy et j’avais été un peu étonné de ses propos. Je pensais que La Nef était plus rigoureuse.
Le réponse de Jean-Pierre Maugendre me conforte dans mon opinion.
Merci Jean-Pierre Maugendre pour cette analyse bien argumentée
JPP
Bref, pour en sortir il faut ressortir la critique de Vatican II de l’abbé de Nantes et que soit mise en jeu pour juger cela l’infaillibilité pontificale…
LA question est celle-ci : pourquoi et comment l’Eglise catholique, qui a été, pendant au moins quatre siècles, « l’instance critique de la modernité », id est du protestantisme et du libéralisme, est-elle devenue aussi massivement et rapidement une instance suiviste, dans le sillage de la modernité, puis de la postmodernité ?
En effet, il faut vraiment être aveugle ou ignorant pour ne pas voir ou savoir qu’AUCUN pape du Concile puis de l’après-Concile n’a été courageusement et énergiquement anti-moderniste ad intra et anti-postmoderne ad extra, en matière religieuse, d’où toute une « escalade d’engagements », de plus en plus propices à de l’hétérodoxie, dans le cadre du dialogue interconfessionnel et dans celui du dialogue interreligieux.
Par ailleurs, que ce soit sous un angle philosophique et théologique ante-conciliaire, ou sous un angle doctrinal et pastoral conciliaire puis post-conciliaire, le fait que les clercs catholiques, au sens large, veuillent avant tout transformer la mentalité des catholiques, pour qu’ils se libèrent de bien des traditions, voire de la Tradition, et pour qu’ils accordent leur confiance au renouveau conciliaire, assissien et inclusif, n’a pas été suffisamment mis en perspective par les analystes et par les observateurs, depuis l’apparition de cette dynamique de transformation des mentalités des catholiques, alors qu’il est proprement extravagant et outrecuidant que des clercs imposent cette mutation, contre-nature, à l’Eglise et aux fidèles.
Or c’est bien là où nous en sommes, chacun comprenant bien que l’objectif de ces clercs, d’autant moins traditionnels dans la foi qu’ils sont plus transformateurs de l’Eglise, n’a jamais été d’inciter fermement les chrétiens non catholiques à rejoindre l’Eglise catholique, d’inciter fermement les croyants non chretiens à se convertir vers Jésus-Christ, et d’inciter fermement les non croyants à s’ouvrir sur Dieu, cette fermeté là n’étant ni philo-moderniste, ni philo-postmoderne. C’est un peu comme si « l’oecuménisme » iréniste s’était substitué, pour toujours, au prosélytisme catholique.
Malheureusement après avoir joué les ultra durs de l’intégrisme dans les années 70 l’Abbé de Nantes a ensuite dit qu’il fallait assister à la nouvelle messe dans sa paroisse !!! Donc l’Abbé de Nantes était pour la nouvelle messe à la sauce protestante.
L’Abbé de Nantes a plusieurs fois changé de position et n’était pas crédible.
Pour la critique de Vatican II il faut lire le livre « Ils l’ont découronné » de Mgr Lefebvre qui fut le Saint Athanase du 20ème siècle, sauveur de la foi catholique.
« depuis Platon et Aristote, la pensée gît comme un poisson en terrain sec » …Ecrit en substance Haï de-guerre en 1946 (Lettre sur l’humanisme)… L’Etre s’est retiré, après les fulgurations des « présocratiques… »
Il nous appelle de nouveau …..Si nous ne voulons pas sombrer au gouffre…
Il y a peut-être là une analogie avec l’Eglise et la Bonne Nouvelle ….Leur écoute, leur entente à travers les catégories de la métaphysique occidentale, chose grandiose, colossale, est peut-être à bout de souffle, comme la métaphysique a sombré dans le nihilisme…
Mais qui se préoccupe de cela, que ce soit chez les tradis ou chez les modernistes …Personne.
Voir le site « lachristite.eu » qui tente une approche de cette question (il y en a sans doute bien d’autres comme Haï-de-geurre n’est pas le seul chemin, il l’a dit lui-même, refusant de faire école !)
Et si la liturgie est le couronnement de la pensée ( C.Pickstock? à vérifier) , la question des modes de célébration ne peut qu’en bénéficier.
Kyrie! Supplions! quand sortirons-nous de la néo barbarie et de la Totaliterre, de la Thanatocratie et des S.S. ( sectarismes satanistes)??????
A.S.
Bravo Jean-Pierre