Les sept sacrements d’hier à aujourd’hui : Faites-vous votre idée !

Présentation du livre de l'abbé Barthe - Les sept sacrements

La récente publication du livre susmentionné a suscité diverses réactions :

« Ma recension sera sévère. Elle ne vise en rien la personne de mon confrère mais uniquement le contenu de son travail. Ce livre est mauvais et malfaisant à plus d’un titre. Quant à la méthode : fidèle à « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture » entre l’avant et l’après concile (herméneutique pourtant condamnée par Benoit XVI le 22 décembre 2005) et à une vision politique de l’Église, l’abbé Barthe rejette tous les nouveaux rituels des sacrements. Il juge et condamne des prières approuvées par la sainte Église hiérarchique notre Mère. Son « bref examen » sent le « libre examen » de Luther. En cela, sa position ne diffère guère de celle de la Fraternité Saint-Pie X. Quant au contenu : la sociologie devient argument théologique, les critiques sont souvent infondées ou mal fondées, la réflexion est partielle et partiale. Quant à l’effet produit : la « non-obéissance » (expression de l’auteur), c’est-à-dire la désobéissance, est promue. » – Abbé Laurent Spriet, extrait du n°387 de janvier 2026 de la revue La Nef.

Cardinal Benelli
Cardinal Benelli

Il semble difficile de discerner les raisonnements et démonstrations sur lesquelles reposent toutes ces opinions tranchées et ces jugements de valeur négatifs. Nouvelle manifestation du dialogue version Vatican II : des invectives qui tiennent lieu de raisonnement à l’encontre de ceux qui osent simplement s’interroger sur la continuité entre l’Église conciliaire (selon l’expression du cardinal Benelli) et deux mille ans de Tradition de l’Église.

  • Un appel clair à un vrai débat liturgique

« Dans sa préface érudite, Mgr Schneider cite abondamment des extraits des mémoires de Dom Boniface Luykx (1915-2004). Ce moine belge bi-ritualiste, fut un membre influent du mouvement liturgique préconciliaire, un érudit de renommée mondiale, collaborateur de la phase préparatoire de Vatican II, expert lors des quatre sessions du concile et membre de la commission vaticane qui élabora les nouveaux rites des sacrements. Son diagnostic a le mérite d’être clair : « La nouvelle liturgie est souvent si réduite à l’état de squelette qu’elle perd non seulement sa valeur rituelle, mais aussi son attrait pour la foi des ministres et des fidèles. Une liturgie aussi appauvrie s’intègre parfaitement dans un contexte séculier, mais ne s’inscrit pas dans la continuité de la tradition chrétienne. »

Bien sûr, certains pourront regretter au fil des pages l’usage répété d’adjectifs qu’ils considéreront comme diffamants : « cérémonie appauvrie », « formule indigente », « rite faible », « le clair est remplacé par l’insaisissable, le vrai par le flou ». Passée la contradiction affective de ceux qui usent des nouveaux rituels et qui pourront se sentir blessés, il est à souhaiter que ces pages d’analyse soient surtout pour eux l’occasion d’une réflexion de fond. Car c’est de cela dont il s’agit. Le but de ce bref examen critique n’est évidemment pas d’attaquer les personnes vivant dans l’univers du nouveau rituel mais d’ouvrir à un questionnement liturgique. Cette étude comparative entre nouveau et ancien rituel des sacrements est aussi l’occasion de faire valoir les droits des pauvres de l’Eglise à qui l’on empêche trop souvent d’accéder à la richesse de l’ancien rituel, spécifiquement pour les baptêmes, les confirmations et les mariages. Une richesse qui a fait le bonheur de la foi de nombreuses générations et qui n’a aucune raison d’être mise sous cloche. Qu’on se le dise. » – extrait de la lettre 1312 du 5 décembre 2025 de Paix Liturgique

  • C’était vraiment mieux avant

« L’abbé Barthe prêche-t-il une religion de terreur où le rappel des fins dernières et de la puissance de Satan doit accompagner le croyant ? Non, mais il dénonce l’irénisme de rituels qui gomment toutes difficultés, écartent toute hiérarchie, affadissent le sacré, coulent le mystère dans les moules de la conversation et des usages de la politesse, presque, puisqu’il ne s’agit que de vivre-ensemble et de s’intégrer à la communauté. On ne peut pas tout citer – et le livre est assez court pour que sa lecture ne puisse décourager ceux qui ne se sentiraient pas spécialistes – mais le chapitre sur la pénitence est exemplaire de la manière dont l’auteur met en perspective l’ancien et le nouveau rituel, et surtout les statistiques de la pratique, qui bien sûr s’effondre alors même que la confession new look était supposée être moins traumatisante et culpabilisante. » – Richard de Seze – Politique Magazine, publié le 30 décembre 2025

Retrouvez des présentations vidéos du livre :

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9 réponses

  1. L’abbé Spriet fait de l’inversion accusatoire, peut-être sans s’en rendre compte, en comparant au « libre examen » de Luther alors que c’est justement en réaction à la protestantisation de l’Eglise depuis Vatican II que ce « bref examen » a été écrit. Les ennemis de l’Eglise ont remporté une grande victoire avec le « nouvelle messe » et ils voudraient donner l’estocade en vidant les sacrements de leur substance. C’est le rêve des protestants, fondateurs de la franc-maçonnerie spéculative. Et la hiérarchie actuelle de l’Eglise a dans ses priorités « ne pas froisser » les protestants. Parler d’obéissance envers des actions abusives de réformateurs-démolisseurs sous prétexte d’ une « unité » fictive basée sur des erreurs est un bien mauvais argument. La CEF n’a à la bouche qu’ « unité » et « communion » et pratiquent l’exlusion et la diabolisation. Rien n’a changé.

  2. La Nef qui accepte Vatican II et met à égalité la Messe traditionnelle et la nouvelle messe n’est en aucun cas une référence.
    La Nef n’a pas compris (ou fait semblant de ne pas comprendre) les problèmes doctrinaux.
    Quant à l’herméneutique de la continuité si chère à Benoit XVI et aux catholiques conservateurs plus personne n’y croit pas même Léon XIV.
    Dans sa première catéchèse de l’année 2026, le 7 janvier, le pape Léon XIV a annoncé le programme de son nouveau cycle de catéchèse, qui « sera consacré au concile Vatican II et à la relecture de ses documents ». Le pape américain entend faire un commentaire des textes du Concile pour « redécouvrir la beauté et l’importance de cet événement ecclésial ».
    Tout un programme.

  3. En cela, sa position ne diffère guère de celle de la Fraternité Saint-Pie X. (Source: abbé L. Spriet)
    L’abbé Barthe n’-t-il pas reçu sa formation dans le séminaire d’ Ecône ? Cela laisse une empreinte…
    N’ empêche que son livre peut faire réfléchir des prêtres, des diacres permanents et des laïcs s’ occupant de la liturgie postconciliaire .

    1. Incontestablement la liturgie postconciliaire est trop souvent présentée comme une pratique de bonne ambiance sans référence explicite à la Foi.

  4. Le but des réformes qui ont été élaborées après le concile, en particulier la nouvelle messe, était d’écarter « toute pierre qui pourrait constituer ne serait-ce que l’ombre d’un risque d’achoppement ou de déplaisir » vis-à-vis des protestants : (Documentation catholique n° 1445 (1965), col. 604). L’œcuménisme avant tout ; le reste n’est que littérature.
    Confirmé par les protestants eux-mêmes : « La nouvelle liturgie, en beaucoup d’endroits, a dépassé la liturgie de Cranmer, en dépit d’un retard de quatre cents ans, dans sa modernité » : (« Rome et Cantorbéry durant quatre siècles » Pawley, page 343).

      1. Quel rapport? Les Anglicans de la High Church et les Luthériens suédois célèbrent dos au peuple et pourtant ce n’est pas une messe, puisqu’ils ne sont pas prêtres.

  5. La Nef, toujours fidèle à sa ligne de collabo… Les promoteurs du « concile modéré » me font penser à des léninistes qui rejetteraient avec horreur les « excès » du stalinisme. Sans plus de commentaire.

  6. Effectivement la critique faite dans La Nef est d’une effrayante pauvreté… Mais cela ne nous étonne pas, c’est chose courante dans ce magazine.

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