Ces prêtres et fidèles qui souffrent

En 1966 Michel de Saint-Pierre, sous le titre Ces prêtres qui souffrent, livrait au grand public la synthèse bouleversante de milliers de témoignages de prêtres persécutés par leurs évêques car refusant le modernisme ambiant, les extravagances liturgiques, l’abandon du port de la soutane, etc.

Les temps n’ont guère changé. Le port de la soutane est mieux toléré, même si Mgr de Kerimel, archevêque de Toulouse, interdisait en 2022 le port de ce vêtement à ses séminaristes. Les extravagances liturgiques sont moins fréquentes, nonobstant la messe célébrée en 2022 en mer à Crotone sur un matelas pneumatique par un prêtre italien.

Messe plage - Ces prêtres et fidèles qui souffrent

Cependant il reste un motif d’exclusion ou du moins de marginalisation, d’une actualité brûlante : la célébration des sacrements selon les rituels traditionnels. Cette volonté de remplacer les rites sacramentels antiques par ceux issus de la réforme liturgique n’est pas nouvelle. Ainsi, le pape Paul VI déclarait le 24 mai 1976 , à l’occasion d’un consistoire : « Le nouvel ordo a été promulgué pour se substituer à l’ancien ». Au fil du temps et de la publication de différents textes (Quattuor abhinc annos, 3 octobre 1984, Ecclesia Dei adflicta, 2 juillet 1988, Summorum Pontificum, 7 juillet 2007) l’étau s’est desserré. Cependant, par le Motu proprio Traditionis custodes (16 juillet 2021) décrétant que les nouveaux rites liturgiques « sont la seule expression de la Lex Orandi du Rite romain » (Art 1), un nouveau tour d’écrou liturgique a été donné, censé mettre à mort par étouffement progressif l’usus antiquior. Si la Fraternité Saint Pierre a obtenu par un décret du 11 février 2022 l’autorisation d’administrer les sacrements selon les rituels en usage en 1962, cette autorisation ne vaut que pour les lieux de culte propres à la FSSP, les mises à disposition d’autres églises étant soumises à la volonté des ordinaires diocésains.

Or, il faut bien observer que la pratique épiscopale s’avère particulièrement restrictive à l’endroit des prêtres diocésains attachés à la messe traditionnelle ou membres des communautés ex Ecclesia dei. Citons quelques faits : expulsion de la Fraternité Saint Pierre de ses apostolats de Grenoble, Dijon, Valence, Quimper. À cela il faut rajouter les pressions psychologiques exercées sur certains prêtres « tradis » jugés trop zélés afin qu’ils limitent leurs activités :  célébration d’une seule messe le dimanche, numerus clausus pour le catéchisme, dans certains diocèses interdiction de célébrer les sacrements de confirmation et du baptême selon le rite traditionnel même dans les lieux de culte desservis par une communauté ex Ecclesia dei. On trouve également des mesures plus subtiles telles que  l’autorisation du rite ancien du baptême pour les enfants mais pas pour les adultes, l’interdiction de célébrer des mariages selon le rite traditionnel en dehors des lieux affectés à la liturgie traditionnelle. Cela impacte aussi la FSSPX qui s’est vue imposer pour obtenir la délégation de pouvoir de l’évêque que le mariage prévu soit célébré dans un lieu de culte desservi par la Fraternité Saint Pie X. L’autorisation de célébrer la messe dominicale dans une église paroissiale n’est parfois donnée à une communauté ex Ecclesia dei uniquement que le dimanche ou refusée les 15 août, l’Ascension ou le 1er novembre et, bien sûr, le mercredi des cendres. Quant aux offices de la Semaine Sainte, les autorisations données à des prêtres diocésains de célébrer la messe traditionnelle dans une église sont assorties de l’obligation pour les fidèles de se fondre dans la « pastorale paroissiale » : catéchismes, sacrements, scoutisme.

Pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté

Les organisateurs du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté subissent des pressions permanentes afin qu’y soit autorisée la célébration de la messe selon le rite réformé.

L’interdiction par Mgr de Germay du pèlerinage Via lucis qui avait prévu de faire célébrer la messe selon le rite lyonnais, l’ impossibilité de célébrer la messe traditionnelle dans les églises de Covadonga (Espagne) et Lujan (Argentine) à l’occasion des pèlerinages qui s’y achèvent, les palinodies interminables pour imposer, en vain, au pèlerinage Nosto Fe un bricolage liturgique innovant : messe traditionnelle avec lectures du Nouvel ordo, l’interdiction romaine, maintenue par Mgr Touvet, évêque de Fréjus-Toulon, d’ordonner six diacres des Missionnaires de la Miséricorde Divine, selon et pour la messe traditionnelle, les tracas pour exiger le biritualisme des prêtres « tradis » notamment à travers la concélébration du jeudi saint sans exigence réciproque que les prêtres célébrant selon le Novus ordo célèbrent également selon l’usus antiquior, les pressions couronnées de succès, pour que la congrégation des dominicaines du Saint-Esprit adopte la réforme liturgique, les difficultés de telle ou telle communauté religieuse ex Ecclesia Dei, prospère et riche en vocations, pour trouver un lieu de fondation agréé par l’ordinaire du lieu, complètent ce triste constat. À l’occasion de l’Université d’été de Renaissance catholique, Mgr Jordy, archevêque de Tours, interdisait la célébration de la messe traditionnelle dans l’église paroissiale d’Abilly. La messe dût être célébrée dans une salle paroissiale à la consternation du maire : « Vous êtes une religion de fous ! ». LAppel à la démission de Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon et la suspension de Mgr Strickland, évêque de Tyler au Texas, ne relèvent-elles pas d’une trop grande complaisance envers les communautés traditionnelles?

Les prêtres et fidèles attachés aux pédagogies traditionnelles de la foi font ainsi l’objet, très souvent, d’un véritable « harcèlement épiscopal ». Or, pour assurer leur salut, les fidèles ont droit à un enseignement doctrinal pleinement catholique sans ambiguïté ni complaisance avec les valeurs d’une société apostate, un enseignement qui transmette les vérités de la foi sur les fins dernières, la Royauté du Christ, la réalité sacrificielle de la messe, la morale conjugale, etc. Cet enseignement ne peut être vécu qu’avec l’aide de sacrements qui procèdent de la même doctrine et qui ne soient pas le simple rite flou d’un message doctrinal faible. Les rites trop souvent désacralisés et insipides, à la symbolique affaiblie et ambiguë, sont imprégnés d’anthropocentrisme et de préoccupations plus communautaristes que surnaturelles. Cet attachement aux rites traditionnels des sacrements est un droit strict et non négociable des fidèles, d’abord par piété filiale envers la tradition de l’Eglise et ensuite, en raison du doute légitime qui pèse sur la stricte orthodoxie et la fécondité apostolique de ces rites réformés. Au-delà de l’éther des principes, il est un fait que les communautés ex Ecclesia Dei subissent et souffrent d’une grande précarité institutionnelle. La promesse romaine explicite d’un « accueil large et généreux » des fidèles attachés aux formes liturgiques traditionnelles n’a pas été plus tenue que celle, implicite, d’accorder à ces communautés un évêque, ce que prévoyait l’accord du 5 mai 1988 entre Mgr Lefebvre et le cardinal Ratzinger.

Mgr Lefebvre et cardinal Ratzinger

La lassitude bien compréhensible, face à un harcèlement épiscopal aussi sournois que constant, peut conduire certains clercs à des « accommodements raisonnables » ou à un silence assourdissant sur certains textes ou actes romains à l’orthodoxie douteuse. A cet égard, est-il bien élégant que certains aient cru devoir multiplier les mises en garde contre les sacres épiscopaux, même sans mandat pontifical, prévus par la FSSPX alors qu’on ne les avait guère entendus commenter, avec la même verve et assurance, les bénédictions de couples homosexuels permises par Fiducia supplicans ou l’accès à la communion des divorcés remariés autorisé par Amoris laetitia, sans omettre de commenter le scandale que constitue la réception avec tapis rouge et bénédiction, par Léon XIV, de madame Mullaly, archevêque anglicane de Cantorbery, en compagnie de son époux, et en réalité pas plus prêtre qu’archevêque ? Y aurait-il des vérités, ou supposées telles, agréables aux oreilles des puissants et donc dicibles et d’autres moins agréables à entendre et donc indicibles ? Une similitude de comportements entre les « chiens battus » et les « chiens muets » ?

Dans son autobiographie, Christus Vincit, Le triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps, Mgr Athanasius Schneider, qualifie le Concile Vatican II d’« énorme spectacle de triomphalisme clérical ». Les temps n’ont guère changé. En ces temps d’apostasie généralisée où témoigner de sa foi, en vivre et la transmettre exige un héroïsme de chaque instant, les fidèles et les prêtres qui ne demandent qu’à vivre en paix selon les rites et les pédagogies qui ont sanctifié leurs anciens, ont soif de trouver dans leurs évêques des pères et des pasteurs ayant le souci du bien des âmes et non des idéologues sectaires. Ceux auxquels pensait déjà, peut-être, Jacques Maritain, pourtant un des grands inspirateurs du Saint Concile :

« Sans compter les esprits mous au cœur sec, le monde n’est presque fait que d’esprits durs au cœur sec et de cœurs doux à l’esprit mou. »

Jean-Pierre Maugendre

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17 réponses

  1. La Fraternité St Pierre n’est pas un bloc monolithique…je connais des prêtres de cette Fraternité qui sont tout à faut favorable aux sacres de la FSSPX mais qui le disent en privé !

    1. M Joel si vous dites vrai je suis le premier à m’en réjouir. Mais je regrette que ces prêtres ne le disent pas en public Ils feraient énormément de bien en parlant haut et fort. La force des méchants vient de la faiblesse des bons.

  2. En réponse à Rébécca : Si je vous suis bien je pense que vous devez être scandalisée que la Sainte Vierge ait pu dire à La Salette : Rome perdra la foi !

    1. Il suffit de lire les écrits de cette personne qui se fait appeler Rebecca pour voir que c’est quelqu’un qui n’a pas la foi catholique.

    2. Vous vous en doutez je suppose, j’ai conscience que beaucoup ont perdu la foi, mais comme nous le dit le Seigneur à travers les textes de ce samedi : « Que celui qui fait le mal fasse encore le mal, et que l’homme sali se salisse encore ; que le juste pratique encore la justice, et que le saint se sanctifie encore. Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait…. » (Ap 22, 11-12)

      Même si certains font le mal, notre mission de catholiques n’est pas de les dénombrer, ni de les regarder mais de nous tourner vers le Christ et de laisser Dieu les aimer et leur pardonner à travers notre cœur. Rome n’est pas l’Église, si la sainte Vierge nous a averti c’est assurément pour que nous soyons vigilants lorsque des détracteurs de l’Église-Corps du Christ, se présentent au lieu de présenter le Christ.

      C’est dans la confiance en Dieu que l’Amour se révèle ( réf. Thérèse de Lisieux) …. le pape François a été de ceux qui s’abandonnent à Dieu en toute confiance …il a parlé le langage de Dieu, voilà pourquoi nous avons tant de difficultés à l’entendre…. Toutes ces conversions qui le succèdent nous font penser que le Seigneur, à travers lui, a touché les cœurs en profondeur et réveillé les catholiques !

      « Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait.
      Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. »
      Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? »  » (Matthieu 8, 24-26)

  3. Regardons la tendresse que Jésus avait avec Judas …jusqu’au bout, regardons maintenant sa sévérité avec Pierre, traité de satan parce qu’il ne voulait pas que Jésus se fasse tuer ; nous aurons alors un début de réponse pour comprendre l’attitude des derniers papes.

    Il n’y a qu’une seule Mère : la Vierge Marie ! (Non une « matrice »!)
    Elle garde en son cœur, encore aujourd’hui, les événements que nous vivons …. et elle nous conduit ( nous, l’Église, Corps du Christ) jusqu’à la ressemblance d’Amour de son Fils.

    La souffrance des prêtres n’est pas réservée à ceux nommés « traditionalistes », les moqueries s’accumulent dès que ce sont des hommes de prière…ils vivent encore plus intensément que nous les épreuves de la vie publique de Jésus. Les autorités qui ont renoncé au combat spirituel (indissociable du chemin de sainteté pour les pauvres pécheurs que nous sommes), s’acharnent sur ces prêtres, comme les autorités religieuses avec Jésus.

    Le seul regard qui compte est celui du Christ !
    Nous n’avons que faire des manigances des nommés « modernistes » puisque nous les fuyons, aujourd’hui ils sont devenus rares même s’ils font beaucoup de bruit.

    Le problème avec des gens comme Mgr Schneider, c’est qu’ils ne croient plus ou pas à la Grâce … ils ont une autre vision du Corps du Christ que Dieu, ils ne croient pas ou plus à Sa puissance …la puissance de Jésus ressuscité qui sait et qui agit aujourd’hui à travers l’Église, à travers les successeurs de Pierre, à travers les cœurs contrits ….
    Sous entendre que des textes ( par exemple Vatican II ) puissent empêcher Dieu d’agir est une aberration.

    Ce qui fait le plus souffrir l’Église, Corps du Christ, aujourd’hui, c’est notre manque de confiance en Dieu qui sait et qui agit. … et assurément le peu d’amour que nous avons pour Elle.

    « …C’est la Pâque du Seigneur, dit-il, c’est-à-dire son passage. Car tu ne dois pas penser que c’est un élément terrestre : en « passant » en lui, il en a fait une réalité céleste, il en a fait son corps et son sang… » (office des lectures de ce jour – saint Gaudence de Bresca , fin du IVème siècle début du V ème)

    1. Vous n’avez jamais lu l’évangile. Parlant de Judas le Seigneur dit « il aurait mieux pour lui ne jamais être né » Mathieu 26 23 25 Cette parole du Seigneur est claire Et en plus vous osez critiquer Mgr Schneider qui est un véritable confesseur de la foi catholique. Honte à vous.

      1. Ha d’accord ?!.., vous ne voyez pas la compassion du Christ dans cette Parole du Seigneur sur Judas ?
        Pourtant c’est de cette façon que nous sommes appelés à vivre la foi catholique : en souffrant pour les pécheurs … sachant que leurs péchés font obstacles à la grâce… qu’ils ne peuvent pas accueillir l’Amour de Dieu dans cet état… oui, en souffrant avec les pécheurs des conséquences de leurs péchés. Mgr Schneider est très intelligent, je n’en doute pas un seul instant.

        1. Vous ne connaissez rien à la doctrine de l’Église. Judas s’est suicidé. Quant à Mgr Schneider c’est un grand confesseur de la foi. Il faut lire la conférence qu’il a donnée en Pologne le 23 avril 2026 dans une école de la Fraternité St Pie X. Lire le texte de cette conférence dans Fsspx news.

          1. Oui, j’ai suivi vos conseils, c’est en effet très différent de saint Jean-Paul II, qui lui, bien qu’ayant aussi souffert des communistes … et des fascistes, est passé de l’héroïsme catholique très respectable et admirable de la famille de Mgr Schneider au «  pardonne leurs ils ne savent pas ce qu’ils font » et à la consécration de l’humanité au cœur immaculé de Marie le 25 mars 1984…
            En pardonnant effectivement à celui qui lui a tiré dessus, qui a donc fait de sa vie corporelle un enfer, il a vécu en esprit et en vérité la Parole de Dieu.
            En offrant Jusqu’au dernier instant sa souffrance à Dieu pour nous tous…., Dieu a fait de nous des témoins de l’Amour de Dieu plus fort que la haine des persécuteurs. Par son accueil de la jeunesse telle qu’elle était, nous avons découvert Dieu proche de tous et la joie de la fraternité envers nos prochains jusqu’au pardon, jusqu’à la communion fraternelle.

            Je vous parlerai un autre jour du pape François car actuellement vous n’êtes pas prêt.

  4. Cher Jean-Pierre,
    il me semble que le temps est venu de mettre des mots justes sur la situation actuelle.
    A ma connaissance, aucun document écrit de synthèse n’est parvenu à synthétiser l’enseignement propre du concile Vatican II. Ce que à quoi on doit adhérer avec foi. Il y a le catéchisme de l’Eglise Catholique et son Compendium, mais visiblement ce ne sont pas des documents qui suffisent à définir l’adhésion à ce concile, car si c’était le cas le sujet pourrait être rapidement réglé. Il y a donc autre chose. Cette autre chose a parfois à mon avis été qualifiée à tort de ‘l’esprit du concile’. Il ne s’agit pas de l’esprit, mais de la ‘Matrice’ du concile, au sens du film américain, « the Matrix ». L’accès à la réalité ne peut plus se faire qu’au travers du prisme de la Matrice. En d’autres termes et par exemple, pour comprendre les épitres de saint Paul aux Romains, je ne peux par lire les textes pour ce qu’ils sont, je dois me placer dans la Matrice conciliaire et lire ces textes au travers son prisme. A mon sens l’effort synodal actuel est une action qui consiste à bien s’assurer que tout le monde est et reste dans cette Matrice. Le sujet n’est pas, n’est plus de savoir si tel ou tel point de ces textes sur-abondants du concile pose problème ou non. D’ailleurs cette abondance suffit en elle-même à comprendre, avec le temps, cette dimension matricielle englobante et a cet égard le terme d’Aggiornamento’ est parfaitement en ligne avec cette interprétation.
    Ceci dit, la réalité du Christ et de l’Eglise est qu’il n’y a pas de matrice, caverne interpretative, possible. Le texte est le texte du Verbe qui dit ce qu’il dit et dont il faut se pénétrer sans relâche, qu’il s’agisse des Evangiles et des épitres du Nouveau Testament. La tradition de l’Eglise, les père de l’Eglise sont là pour apporter un éclairage avisé, comme le magistère dans toute sa profondeur historique, afin de nous guider sur ‘le Chemin du Seigneur Jésus’.
    Il y a l’homme soumis de l’Islam, l’homme émancipé des temps modernes et l’homme habité du christianisme. Le premier est assujéti, ce qui ne va pas sans violence, le second rêve de devenir une machine pensante éternelle, le troisième retrouve l’harmonie entre son corps, son esprit et son âme en accueillant en lui-même Celui qui est plus grand que lui, Dieu. Y a-‘il une place dans tout cela pour l’homme matriciel, pas à ma connaissance car la matrice est un enfermement.
    Alors, oui, il faut souffrir un peu avec ceux qui sont à la peine dans ce carcan matriciel, mais quelle joie de ne pas être dans cette Matrice et de pouvoir être un homme habité. Prions pour ceux qui sont enfermés dans cette Matrice et qui ne voient plus que des ombres de réalité et ne sont plus capable de lire les textes pour ce qu’ils disent. Ca pourrait faire une bonne intention de prière universelle, non?

    1. La question n’est pas de savoir s’il existe une quelconque « matrice ». La vraie question est Vatican II et ses textes hérétiques comme Dignitatis Humanae ou Nostra Aetate qui sont à l’origine de la destruction de la foi catholique et de l’apostasie générale. Quant au synode dont vous parlez on atteint des sommets dans l’abomination avec la justification du péché impur contre nature. Voir les textes récents de Mgr Schneider et Mgr Strickland qui reconnaissent maintenant que Vatican II est mauvais. Ces deux évêques soutiennent la Fraternité St Pie X et les sacres d’eveques à venir.

      1. Encore plus depuis François que depuis Jean XXIII, les clercs transformateurs du catholicisme en une religion de l’avenir, du dialogue, de l’inclusion, du renouveau et de l’unité se positionnent exactement comme s’ils étaient convaincus que le monde occidental contemporain, tel que nous le connaissons depuis 1945, est porteur de concepts et de valeurs, mais aussi d’une dynamique d’émancipation et d’unification, avec laquelle et avec lesquels l’Eglise catholique peut et même doit coopérer, comme si cette dynamique était porteuse d’une inspiration et d’une orientation « humanistes » bien plus proches de l’inspiration et l’orientation chrétiennes que le Moyen Age et l’Ancien régime, vraiment chrétiens.

        Mais le moins que l’on puisse dire est que l’apparition dans l’Eglise puis l’imposition aux fidèles de cette conviction « matricielle » ou « principielle », pleinement contestable ou, en tout cas, tout à fait discutable, n’a jamais donné lieu à un débat contradictoire, au moment puis en aval du Concile, alors que c’est en raison de cette conviction que l’Eglise du Concile et d’Assise fait tout ce qu’elle peut pour édulcorer son Magistère et sa pastorale, voire éliminer de son Magistère et de sa pastorale toutes les conceptions et toutes les expressions qui permettraient aux fidèles de comprendre que, au coeur de l’agir concret des êtres concrets, le monde occidental contemporain fonctionne à l’apostasie et à l’idolâtrie.

        Ces clercs ne veulent pas être de ceux qui essayent de voir le monde comme il est, mais être de ceux qui réussissent à voir le monde comme ils voudraient qu’il soit : un monde qui est « sûrement » inconsciemment, indirectement, involontairement inspiré par Jésus-Christ, ou inspirable par Lui, à charge, pour l’Eglise catholique, de moderniser son regard et son discours… « puisque » ce monde est celui des Droits de l’Homme !

        Or, d’une part, la loi naturelle, telle qu’elle a été comprise jusqu’à Pie XII, est bien plus compatible ou conciliable avec une inspiration et une orientation chrétiennes catholiques que les Droits de l’Homme, et, d’autre part, ces Droits de l’Homme sont des Droits de l’Homme sans Dieu.

        En d’autres termes, la conviction matricielle ou principielle rappelée ci-dessus est une conviction potentiellement suicidaire pour l’Eglise catholique, puisque la dynamique des Droits de l’Homme est bien plus propice à un approfondissement et à un élargissement du relativisme et de la sécularisation qu’à une conversion des hommes et des femmes qui vivent au sein « du monde de ce temps », en direction de Jésus-Christ, en tant que conversion en direction du Fils unique du seul vrai Dieu, impliquant l’adhésion à la vérité révélée par Jésus-Christ, dans les ordres du croire et de l’agir, ET AUSSI l’abandon des erreurs, l’éloignement à leur égard, la libération vis-à-vis d’elles, en matière religieuse et/ou morale.

        En ce sens, de deux choses l’une : ou l’on dit non à la conviction matricielle ou principielle rappelée ci-dessus, et l’on fait cheminer l’Eglise catholique sur le registre de la fidélité et de la résistance courageuses, mais combattues ou méprisées par les partisans de l’esprit du monde, ou l’on dit oui à cette conviction, et l’on fait fonctionner l’Eglise catholique sur le registre de l’allégeance et de la transformation consensuelles.

        Quand aurons-nous droit à un débat dans l’Eglise, un débat propice à la compréhension en plénitude des deux branches de cette alternative ?

        Disons-le autrement : le refus officiel, invraisemblable, de choisir entre « l’esprit d’Assise » et « l’esprit de Compostelle », est au coeur de la matrice, mais ne s’agit-il pas plutôt du souci effectif de faire en sorte que jamais « l’esprit d’Assise » ne soit menacé par une interprétation authentiquement donc dissensuellement rechristianisante de « l’esprit de Compostelle » ?

      2. Soyez plus attentif TD,
        Quand on passe son temps à critiquer l’Église et à contredire le pape en permanence en écrivant un livre après chaque encyclique pour contrecarrer les messages du successeur de saint Pierre, quand on se fait interviewer sans arrêt en se faisant passer pour un justicier, on finit par raconter sa vie de résistance contre les méchants en oubliant même le comportement et les sentiments du Christ-Jésus dans pareille situation. Il faut s’attendre au pire avec un homme tel que lui…il pensait tout savoir mieux que le pape et maintenant il faudrait contempler sa résistance à lui plutôt que la vie offerte du Fils de Dieu ?!… les « modernistes » lui servent d’hameçons pour nous appâter…méfiât
        Quand on s’est fait prendre en flagrant délit de procès d’intention vis à vis du successeur de Pierre, quand la punition tombe, notre ego en prend un coup ( surtout que l’on refuse de lui obéir ) alors on fait le fanfaron, comme si cette désobéissance pouvait se transformer en héroïsme ?!

        À mon tour de vous donner des conseils TD : écoutez et lisez celui qui a accepté et obéi à la sentence de l’Église ! Malgré l’épreuve, il a confiance en Dieu, le Seigneur continue de l’accompagner et de l’inspirer puisqu’ils sont amis.

    2. Vous avez raison à plusieurs titres.

      Par exemple, nul ne peut dire d’une manière cohérente et consistante : « Je suis fidèle avant tout au Concile, à tout le Concile, à rien d’autre qu’au Concile, et c’est parce que je suis fidèle au Concile que je suis fidèle à l’enseignement et à la pastorale des papes du Concile et de leurs successeurs », alors que, dans le domaine de la liturgie, dès la fin du Concile, un pape, Paul VI, a commencé à permettre que l’on s’éloigne de la lettre et de l’esprit du Concile, tels qu’ils figurent dans Sacrosancto concilium, en permettant le contournement et le dépassement de cette constitution.

      La matrice à laquelle vous faites référence a commencé à sévir près de quarante ans avant l’annonce du Concile par Jean XXIII, c’est-à-dire dès le début de l’entre deux guerres mondiales. Cette matrice, c’est ce que l’on peut appeler le consensualisme fraternitaire, ou l’irénisme utopiste, ad intra et surtout ad extra, non seulement sur le plan philosophico-théologique, au moyen du recours à telle ou telle manifestation de « théologie hospitalière », mais aussi, depuis Jean XXIII, sur le plan doctrinalo-pastoral, dans le cadre du dialogue interconfessionnel, du dialogue interconvictionnel, du dialogue interreligieux, et même dans le cadre d’un genre de dialogue ecclésio-mondain ou de dialogue ecclésio-onusien.

      Et depuis le début du pontificat de François, force est de constater que nous sommes en présence d’une stratégie, affichée et assumée, d’actualisation et d’amplification de la phraséologie caractéristique de cette matrice, ou de ce qu’elle est devenue, alors qu’il n’a jamais été question des éléments les plus innovants de cette phraséologie au sein même de la lettre et de l’esprit des documents les plus disruptifs de Vatican II.

      En l’occurrence, la stratégie qui est à l’oeuvre est une stratégie de réconciliation, voire de subordination à la sacro-sainte « évolution des mentalités », et, à la limite, toute expression présente dans le Nouveau Testament qui fait obstacle à la mise en oeuvre et en valeur de cette stratégie est amputée, déformée, dévoyée ou occultée, au moyen d’une interprétation placée sous le signe de la bienveillance sans vigilance face au monde.

      Le plus important, pour les clercs, au sens large, qui sont les partisans et les promoteurs de la pérennisation du fonctionnement de la matrice, est que, depuis l’intérieur des structures officielles de l’Eglise du Concile et d’Assise, inclusive et synodale, aucune personne un tant soit peu influente n’ait le courage, la franchise, la possibilité et la présence d’esprit de remettre en cause, et d’inciter à la remise en cause des fondements, du contenu et des débouchés de cette matrice. C’est la contestation ou la dissidence interne, argumentée, documentée, mobilisée, organisée, qui est l’ennemie de la matrice, ou plutôt qui serait l’ennemie de la matrice, si elle commençait à voir le jour, par exemple dans plusieurs épiscopats, simultanément.

      Enfin, une précision ou un rappel s’impose, sur le mode de manifestation de la malhonnêteté intellectuelle en l’absence de laquelle la pérennisation du fonctionnement de la matrice est compromise : pensons ici non seulement à ce que les clercs consensualistes fraternitaires prennent bien soin de dire, mais aussi à ce que ces clercs prennent grand soin de taire, notamment sur les confessions chrétiennes non catholiques, sur les religions non chrétiennes, sur les idéologies conquérantes ou dominantes à la mode, sur l’esprit du monde contemporain, et surtout à ce que les mêmes clercs passent sous silence, alors que ce qu’ils passent sous silence est présent, dans quelques paragraphes, dans quelques documents du Concile, dont Lumen gentium.

      LG 17. Le caractère missionnaire de l’Église
      « En effet tout comme il a été envoyé par le Père, le Fils lui-même a envoyé ses Apôtres (cf. Jn 20, 21) en disant : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des temps » (Mt 28, 19-20). Ce solennel commandement du Christ d’annoncer la vérité du salut, l’Église l’a reçu des Apôtres pour en poursuivre l’accomplissement jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Ac 1, 8). C’est pourquoi elle fait siennes les paroles de l’Apôtre : « Malheur à moi si je ne prêchais pas l’Évangile » (1 Co 9, 16) : elle continue donc inlassablement à envoyer les hérauts de l’Évangile jusqu’à ce que les jeunes Églises soient pleinement établies et en état de poursuivre elles aussi l’œuvre de l’évangélisation. L’Esprit Saint la pousse à coopérer à la réalisation totale du dessein de Dieu qui a fait du Christ le principe du salut pour le monde tout entier. En prêchant l’Évangile, l’Église dispose ceux qui l’entendent à croire et à confesser la foi, elle les prépare au baptême, les arrache à l’esclavage de l’erreur et les incorpore au Christ pour croître en lui par la charité jusqu’à ce que soit atteinte la plénitude. Son activité a le résultat non seulement de ne pas se laisser perdre tout ce qu’il y a de germe de bien dans le cœur et la pensée des hommes ou de leurs rites propres et leur culture ; mais de le guérir, l’élever, l’achever pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l’homme. À tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de l’expansion de la foi. Mais si le baptême peut être donné aux croyants par n’importe qui, c’est aux prêtres cependant qu’il revient de procurer l’édification du Corps par le sacrifice eucharistique en accomplissant les paroles de Dieu quand il dit par la voix du prophète : « De l’Orient jusqu’au couchant, mon Nom est grand parmi les nations, et en tous lieux est offert à mon Nom un sacrifice et une offrande pure » (Ml 1, 11). Ainsi, l’Église unit prière et travail pour que le monde entier dans tout son être soit transformé en Peuple de Dieu, en Corps du Seigneur et temple du Saint-Esprit, et que soient rendus dans le Christ, chef de tous, au Créateur et Père de l’univers, tout honneur et toute gloire. »

      Ces clercs ne veulent pas, ou ne veulent plus que l’Eglise catholique soit missionnaire en plénitude, d’une manière ponctuellement contrariante ou dissensuelle qui expose au risque de déplaire ou de déranger, mais veulent que l’Eglise catholique soit de plus en plus partenaire ad extra.
      Or, sous leur autorité, la religion de la foi et du salut en Dieu risque fort de devenir une religion du bonheur et de la paix dans le monde.

  5. Comme disait Che Guevara « La revolution est comme la bicyclette, si elle n’avance pas elle tombe » Or Vatican II est une révolution : il faut aller toujours plus loin dans la révolution On a détruit la doctrine, la liturgie, supprimé les États catholiques maintenant il faut s’attaquer à la morale. On a donc maintenant la bénédiction de l’adultère et les bénédictions de couples contre nature.(amoris laetitiae et Fiducia Supplicans) Je rappelle le scandale de la basilique Saint Pierre souillée par un « pèlerinage LGBT » et ceci avec l’accord du pape. La Fraternité St Pierre s’imagine séduire les révolutionnaires en condamnant les futurs sacres de la Fraternité St Pie X. Ils espèrent ainsi avec ce calcul politicien obtenir les faveurs des modernistes. Ils oublient que la révolution mange ses propres enfants. Un jour la Fraternité St Pierre subira aussi la persecution. On peut donner tous les gages à la révolution, ce n’est jamais suffisant car la révolution en réclame toujours davantage.

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