pour construire un pont avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
Source en anglais : https://dianemontagna.substack.com/ Les intertitres sont de Renaissance Catholique.

La situation actuelle concernant les consécrations épiscopales au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) a soudainement suscité une vive émotion dans toute l’Église. Peu de temps après l’annonce, le 2 février, de la décision de la FSSPX de procéder à ces consécrations1, un débat intense et souvent passionné a émergé dans de nombreux milieux catholiques. Les opinions exprimées dans ce débat vont de la compréhension, la bienveillance, l’observation neutre et le bon sens au rejet irrationnel, à la condamnation péremptoire, voire à la haine ouverte. Bien qu’il y ait des raisons d’espérer – et cet espoir n’est en rien irréaliste – que le pape Léon XIV puisse effectivement approuver ces consécrations épiscopales, des propositions de texte pour une bulle d’excommunication de la FSSPX circulent déjà en ligne.
Toute désobéissance n’est pas schisme
Les réactions négatives, bien que souvent bien intentionnées, révèlent que le cœur du problème n’a pas encore été appréhendé avec suffisamment d’honnêteté et de clarté. On a tendance à rester en surface. Les priorités au sein de la vie de l’Église sont inversées, érigeant la dimension canonique et juridique – autrement dit, un certain positivisme juridique – en critère suprême. De plus, on constate parfois un manque de connaissance historique concernant la pratique de l’Église en matière d’ordinations épiscopales. La désobéissance est ainsi trop facilement assimilée au schisme. Les critères de communion épiscopale avec le Pape, et par conséquent la compréhension de ce qui constitue véritablement un schisme, sont envisagés de manière excessivement unilatérale par rapport à la pratique et à la conception que l’Église avait d’elle-même à l’époque patristique, au temps des Pères de l’Église.
Dans ce débat, de nouveaux quasi-dogmes, absents du dépôt de la foi, sont établis. Ces quasi-dogmes affirment que le consentement du Pape à la consécration d’un évêque est de droit divin et qu’une consécration effectuée sans ce consentement, voire contre une interdiction papale, constitue en soi un acte schismatique. Or, la pratique et la compréhension de l’Église, tant à l’époque des Pères de l’Église que pendant une longue période ultérieure, s’opposent à cette conception. De plus, il n’existe pas d’opinion unanime sur ce point parmi les théologiens reconnus de la tradition bimillénaire de l’Église. Des siècles de pratique ecclésiale, ainsi que le droit canonique traditionnel, s’opposent également à de telles affirmations dirimantes. Selon le Code de droit canonique de 1917, une consécration épiscopale effectuée contre la volonté du Pape n’était pas punie d’excommunication, mais seulement de suspension. Par-là, l’Église a clairement manifesté qu’elle ne considérait pas un tel acte comme schismatique.

L’acceptation de la primauté papale comme vérité révélée est souvent confondue avec les formes concrètes – qui ont évolué au fil de l’histoire – par lesquelles un évêque exprime son unité hiérarchique avec le pape. Croire en la primauté papale, reconnaître le pape actuel, adhérer à l’enseignement infaillible et définitif de l’Église et observer la validité de la liturgie sacramentelle relèvent du droit divin. Cependant, une conception réductrice qui assimile la désobéissance à un ordre papal à un schisme – même en cas de consécration d’un évêque contre son gré – était étrangère aux Pères de l’Église et au droit canonique traditionnel. Par exemple, en 357, saint Athanase désobéit à l’ordre du pape Libère, qui lui enjoignait d’entrer en communion hiérarchique avec l’immense majorité de l’épiscopat, laquelle était en réalité arienne ou semi-arienne. Il fut alors excommunié. Dans ce cas précis, saint Athanase a désobéi par amour pour l’Église et pour l’honneur du Siège apostolique, cherchant précisément à préserver la pureté de la doctrine de tout soupçon d’ambiguïté.
A propos des consécrations épiscopales

Au cours du premier millénaire de l’histoire de l’Église, les consécrations épiscopales se faisaient généralement sans autorisation papale formelle, et les candidats n’étaient pas tenus d’obtenir l’approbation du pape. Le premier règlement canonique sur les consécrations épiscopales, édicté par un concile œcuménique, fut celui de Nicée en 325, qui exigeait qu’un nouvel évêque soit consacré avec le consentement de la majorité des évêques de la province. Peu avant sa mort, durant une période de confusion doctrinale, saint Athanase choisit et consacra personnellement son successeur, saint Pierre d’Alexandrie, afin de s’assurer qu’aucun candidat inapte ou faible n’accède à l’épiscopat. De même, en 1977, le Serviteur de Dieu, le cardinal Josyf Slipyj, consacra secrètement trois évêques à Rome sans l’approbation du pape Paul VI, pleinement conscient que ce dernier ne le permettrait pas en raison de l’Ostpolitik alors en vigueur au Vatican. Lorsque Rome eut connaissance de ces consécrations secrètes, la peine d’excommunication ne fut cependant pas appliquée.
Pour éviter tout malentendu, dans des circonstances normales — et lorsqu’il n’y a ni confusion doctrinale ni période de persécution extraordinaire —, il faut bien sûr faire tout son possible pour observer les normes canoniques de l’Église et obéir au Pape dans ses justes injonctions, afin de préserver l’unité ecclésiastique de manière à la fois plus efficace et plus visible.
Une Eglise en crise
La situation actuelle de l’Église peut être illustrée par la parabole suivante : un incendie se déclare dans une grande maison. Le chef des pompiers n’autorise que l’utilisation de nouveaux équipements, bien qu’il soit prouvé qu’ils sont moins efficaces que les anciens, qui ont fait leurs preuves. Un groupe de pompiers désobéit et continue d’utiliser les équipements éprouvés ; et, de fait, le feu est circonscrit en de nombreux endroits. Pourtant, ces pompiers sont qualifiés de désobéissants et de schismatiques, et ils sont punis.
Pour filer la métaphore : le chef des pompiers n’autorise que les pompiers qui reconnaissent le nouvel équipement, respectent les nouvelles règles de lutte contre les incendies et se conforment au nouveau règlement de la caserne. Mais face à l’ampleur manifeste de l’incendie, à la lutte acharnée qu’il suscite et à l’insuffisance de l’équipe officielle, d’autres volontaires – malgré l’interdiction du chef – interviennent avec dévouement, compétence, savoir-faire et bonne volonté, contribuant ainsi au succès de l’opération menée par le chef des pompiers.
Face à un comportement aussi rigide et incompréhensible, deux explications possibles se présentent : soit le chef des pompiers nie la gravité de l’incendie, un peu comme dans la comédie française Tout va très bien, Madame la Marquise ! ; soit, en réalité, le chef des pompiers souhaite que de larges parties de la maison brûlent, afin qu’elle puisse être reconstruite ultérieurement selon un nouveau plan.
La crise actuelle liée aux consécrations épiscopales annoncées – mais non encore approuvées – au sein de la FSSPX expose, aux yeux de toute l’Église, une plaie qui couve depuis plus de soixante ans. Cette plaie peut être comparée à un cancer ecclésial, plus précisément au cancer ecclésial des ambiguïtés doctrinales et liturgiques.
Récemment, un excellent article a paru sur le blog Rorate Caeli, d’une rare clarté théologique et d’une grande honnêteté intellectuelle, sous le titre : « La longue ombre de Vatican II : l’ambiguïté comme cancer ecclésial » (Chanoine de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026)2. Le problème fondamental de certaines déclarations ambiguës du Concile Vatican II réside dans le fait que ce dernier a privilégié un ton pastoral à la précision doctrinale. On ne peut qu’approuver l’auteur lorsqu’il affirme :
« Le problème n’est pas que Vatican II ait été hérétique. Le problème, c’est son ambiguïté. Et c’est dans cette ambiguïté que nous avons vu germer les germes de la confusion, qui ont donné naissance à certains des développements théologiques les plus troublants de l’histoire moderne de l’Église. Lorsque l’Église s’exprime en termes vagues, même involontairement, ce sont des âmes qui sont en jeu. »
Lever les ambiguïtés
L’auteur poursuit :
« Lorsqu’un « développement » doctrinal semble contredire ce qui a précédé, ou lorsqu’il nécessite des décennies de gymnastique théologique pour se réconcilier avec l’enseignement magistériel antérieur, nous devons nous demander : s’agit-il d’un développement, ou d’une rupture déguisée en développement ? » (Chanoine de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026).
On peut raisonnablement supposer que la FSSPX ne désire rien de plus que d’aider l’Église à sortir de cette ambiguïté doctrinale et liturgique et à retrouver sa clarté salvatrice et éternelle, tout comme le Magistère de l’Église, sous la conduite des Papes, l’a fait sans équivoque tout au long de l’histoire après chaque crise marquée par la confusion et l’ambiguïté doctrinales.
En réalité, le Saint-Siège devrait être reconnaissant envers la FSSPX, car elle est actuellement quasiment la seule entité ecclésiastique majeure à dénoncer ouvertement et publiquement l’existence d’éléments ambigus et trompeurs dans certaines déclarations du Concile et du Novus Ordo Missae3. Dans cette démarche, la FSSPX est guidée par un amour sincère pour l’Église : si elle n’aimait pas l’Église, le Pape et les âmes, elle n’entreprendrait pas cette œuvre, ni ne dialoguerait avec les autorités romaines – et sa vie serait sans aucun doute plus facile.

Les paroles suivantes de l’archevêque Marcel Lefebvre sont profondément émouvantes et reflètent l’attitude de la direction actuelle et de la plupart des membres de la FSSPX :
« Nous croyons en Pierre, nous croyons au Successeur de Pierre ! Mais comme le dit si bien le pape Pie IX dans sa constitution dogmatique, le pape a reçu le Saint-Esprit non pour créer de nouvelles vérités, mais pour nous maintenir dans la foi de tous les temps. Telle est la définition du pape donnée par Pie IX lors du premier concile Vatican I. C’est pourquoi nous sommes persuadés qu’en conservant ces traditions, nous manifestons notre amour, notre docilité, notre obéissance au Successeur de Pierre. Nous ne pouvons rester indifférents face à la dégradation de la foi, des mœurs et de la liturgie. C’est hors de question ! Nous ne voulons pas nous séparer de l’Église ; au contraire, nous voulons qu’elle continue ! »
Si quelqu’un considère ses difficultés avec le Pape comme l’une de ses plus grandes souffrances spirituelles, cela prouve sans équivoque l’absence d’intentions schismatiques. Les véritables schismatiques se vantent même de leur séparation du Siège apostolique. Jamais ils n’imploreraient humblement le Pape de reconnaître leurs évêques.
En quoi les paroles suivantes de l’archevêque Marcel Lefebvre sont-elles véritablement catholiques ?
« Nous le regrettons infiniment, c’est une immense douleur pour nous, de penser que nous sommes en difficulté avec Rome à cause de notre foi ! Comment est-ce possible ? C’est quelque chose qui dépasse l’entendement, que nous n’aurions jamais dû pouvoir imaginer, que nous n’aurions jamais dû pouvoir croire, surtout dans notre enfance – alors que tout était uniforme, que toute l’Église croyait en son unité générale et professait la même foi, les mêmes sacrements, le même sacrifice de la messe, le même catéchisme. »
Il nous faut examiner avec honnêteté les ambiguïtés manifestes concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité, ainsi que les imprécisions doctrinales du Novus Ordo Missae. À cet égard, il convient de lire l’ouvrage récemment paru de l’archimandrite Boniface Luykx, consultant conciliaire et éminent liturgiste, intitulé avec éloquence Une vision plus large de Vatican II. Souvenirs et analyse d’un consulteur conciliaire4.
Un statut pour la Fraternité Saint-Pie X ?

Comme l’a dit G.K. Chesterton : « En entrant dans l’Église, on nous demande d’ôter notre chapeau, non notre tête. » Ce serait une tragédie si la FSSPX était complètement exclue, et la responsabilité d’une telle division incomberait avant tout au Saint-Siège. Le Saint-Siège devrait accueillir la FSSPX, en lui offrant au moins un minimum d’intégration ecclésiale, puis poursuivre le dialogue doctrinal. Le Saint-Siège a fait preuve d’une générosité remarquable envers le Parti communiste chinois, en lui permettant de choisir des candidats à l’épiscopat ; pourtant, ses propres enfants, les milliers de fidèles de la FSSPX, sont traités comme des citoyens de seconde zone.
La FSSPX devrait être autorisée à apporter une contribution théologique afin de clarifier, compléter et, le cas échéant, corriger les passages des textes du Concile Vatican II qui soulèvent des doutes et des difficultés doctrinales. Il convient également de tenir compte du fait que, dans ces textes, le Magistère de l’Église n’a pas entendu se prononcer par des définitions dogmatiques empreintes d’infaillibilité (cf. Paul VI, Audience générale, 12 janvier 19665).

La FSSPX prononce exactement la même Professio fidei que celle des Pères du Concile Vatican II, connue sous le nom de Professio fidei tridentino-vaticane. Si, selon les paroles explicites du pape Paul VI, le Concile Vatican II n’a présenté aucune doctrine définitive, ni n’a eu l’intention de le faire, et si la foi de l’Église demeure la même avant, pendant et après le Concile, pourquoi la profession de foi valable dans l’Église jusqu’en 1967 ne serait-elle plus considérée comme une marque de la véritable foi catholique ?
Pourtant, la profession de foi tridentine-vaticane est jugée insuffisante par le Saint-Siège pour la FSSPX. Cette profession de foi ne constituerait-elle pas, en réalité, le minimum requis pour la communion ecclésiale ? Si tel n’est pas le cas, qu’est-ce qui, honnêtement, pourrait constituer un minimum ? La FSSPX est tenue, comme condition sine qua non, de prononcer une profession de foi par laquelle elle accepte les enseignements pastoraux, et non définitifs, du dernier concile et du magistère subséquent. Si telle est véritablement cette prétendue « exigence minimale », alors le cardinal Victor Fernández semble jouer avec les mots !
Le pape Léon XIV a déclaré, lors des vêpres œcuméniques du 25 janvier 2026, à la clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qu’une unité existe déjà entre catholiques et chrétiens non catholiques, car ils partagent le minimum de la foi chrétienne :
« Nous partageons la même foi en un seul Dieu, le Père de tous les hommes ; nous confessons ensemble un seul Seigneur et vrai Fils de Dieu, Jésus-Christ, et un seul Esprit Saint, qui nous inspire et nous pousse à la pleine unité et au témoignage commun de l’Évangile » (Lettre apostolique In Unitate Fidei, 23 novembre 2025, p. 126).
Il a ajouté :
« Nous sommes un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, vivons-le et rendons-le visible ! »
Comment cette déclaration peut-elle être conciliée avec l’affirmation faite par des représentants du Saint-Siège et certains hauts dignitaires du clergé selon laquelle la FSSPX n’est pas doctrinalement unie à l’Église, étant donné que la FSSPX professe la Professio fidei des Pères du Concile Vatican II — la Professio fidei tridentine-vaticane ?
L’octroi de nouvelles mesures pastorales provisoires à la FSSPX pour le bien spirituel de tant de fidèles catholiques exemplaires témoignerait profondément de la charité pastorale du Successeur de Pierre. Ce faisant, le pape Léon XIV ouvrirait son cœur paternel à ces catholiques qui, d’une certaine manière, vivent en marge de l’Église, leur permettant de ressentir que le Siège apostolique est véritablement une Mère, y compris pour la FSSPX.
Surmonter les divisions du passé

Les paroles du pape Benoît XVI devraient éveiller la conscience de ceux qui, au Vatican, décideront d’autoriser les consécrations épiscopales pour la FSSPX. Il nous rappelle :
« En repensant au passé, aux divisions qui, au cours des siècles, ont déchiré le Corps du Christ, on a constamment l’impression qu’aux moments critiques où ces divisions se manifestaient, les responsables de l’Église n’ont pas fait assez pour maintenir ou retrouver la réconciliation et l’unité. On a l’impression que les omissions de l’Église ont porté une part de responsabilité dans le durcissement de ces divisions. Ce regard sur le passé nous impose aujourd’hui une obligation : celle de tout mettre en œuvre pour que tous ceux qui désirent véritablement l’unité puissent y demeurer ou la retrouver. » (Lettre aux évêques à l’occasion de la publication de la Lettre apostolique « motu proprio data » Summorum Pontificum sur l’usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970, 7 juillet 20077)
« Peut-on rester totalement indifférent à une communauté qui compte 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères religieux, 164 sœurs religieuses et des milliers de fidèles laïcs ? Devons-nous les laisser s’éloigner de plus en plus de l’Église ? Et la grande Église ne devrait-elle pas, elle aussi, se montrer généreuse, consciente de son immense étendue, consciente de la promesse qui lui a été faite ? » (Lettre aux évêques de l’Église catholique concernant la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, 10 mars 20098).
Des mesures pastorales provisoires et minimales pour la FSSPX, entreprises pour le bien spirituel de ses milliers de fidèles à travers le monde – y compris un mandat pontifical pour les consécrations épiscopales – permettraient de créer les conditions nécessaires pour dissiper sereinement les malentendus, les questions et les doutes d’ordre doctrinal suscités par certaines déclarations des documents du Concile Vatican II et du Magistère pontifical subséquent. Parallèlement, ces mesures offriraient à la FSSPX l’opportunité de contribuer de manière constructive au bien de toute l’Église, tout en maintenant une distinction claire entre ce qui relève de la foi divinement révélée et de la doctrine définitivement proposée par le Magistère, et ce qui, ayant un caractère essentiellement pastoral dans des circonstances historiques particulières, est donc ouvert à une étude théologique approfondie, comme cela a toujours été la pratique au sein de l’Église.
Soucieux de l’unité de l’Église et du bien spirituel de tant d’âmes, je lance un appel empreint de respect et de charité fraternelle à notre Saint-Père le pape Léon XIV :
Appel au pape Léon XIV

Très Saint-Père, accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX. Vous êtes aussi le père de vos nombreux fils et filles – deux générations de fidèles qui, jusqu’à présent, ont été pris en charge par la FSSPX, qui aiment le Pape et qui aspirent à être de véritables fils et filles de l’Église romaine. Aussi, tenez-vous à l’écart des partis pris et, avec un grand esprit paternel et un esprit véritablement augustinien, montrez que vous bâtissez des ponts, comme vous l’avez promis devant le monde entier lors de votre première bénédiction après votre élection. Ne laissez pas l’histoire de l’Église vous marquer comme celui qui a échoué à construire ce pont – un pont qui aurait pu être bâti en ce moment véritablement providentiel, avec une volonté généreuse – et qui, au contraire, a permis une division supplémentaire, inutile et douloureuse, au sein de l’Église, alors même que se déroulaient des processus synodaux se targuant d’une ampleur pastorale et d’une inclusivité ecclésiale maximales. Comme Votre Sainteté l’a récemment souligné :
« Engageons-nous à développer davantage les pratiques synodales œcuméniques et à partager entre nous qui nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous enseignons (cf. François, Pour une Église synodale, 24 novembre 20249) » (Homélie du pape Léon XIV, Vêpres œcuméniques pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, 25 janvier 202610).
Très Saint-Père, si vous accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX, l’Église de notre temps n’y perdra rien. Vous serez un véritable bâtisseur de ponts, et plus encore, un bâtisseur de ponts exemplaire, car vous êtes le Souverain Pontife, Summus Pontifex.
+ Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana
24 février 2026
- La Maison générale de la FSSPX annonce de futurs sacres | FSSPX Actualités ↩︎
- RORATE CÆLI: The Long Shadow of Vatican II: Ambiguity as Ecclesial Cancer ↩︎
- A ce sujet, cf : Bref examen critique du nouvel Ordo Missæ – réédition 2023 – La boutique de Renaissance catholique ↩︎
- A Wider View of Vatican II by Archimandrite Boniface Luykx – Angelico Press ↩︎
- Udienza generale, 12 gennaio 1966 ↩︎
- Lettre apostolique In unitate fidei à l’occasion du 1700e anniversaire du Concile de Nicée (23 novembre 2025) ↩︎
- Lettre aux Évêques, qui accompagne la Lettre Apostolique «Motu Proprio data» Summorum Pontificum, sur l’usage de la Liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 (7 juillet 2007) ↩︎
- Lettre aux évêques de l’Église Catholique au sujet de la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre (10 mars 2009) ↩︎
- FRA—Documento-finale.pdf ↩︎
- Conversion de saint Paul Apôtre – Célébration des secondes vêpres (25 janvier 2026) ↩︎

7 réponses
Supplions le Christ d’éclairer notre esprit.
Non, depuis plus de 60 ans le Seigneur n’a pas abandonné son Église !
Reconnaître Jésus dans le comportement de ceux qui ont porté l’Église, durant ces décennies, semble un défi pour certains d’entre nous.
( Je mets de coté les francs-maçons et les « intelligents » anti-Église, anti-Évangéliques, anti Vie etc, qui sont les brebis égarées de notre époque et pour lesquels nous prions chaque jours également : « Des ennemis qui se dresseront contre toi, le Seigneur fera des vaincus devant toi : par un seul chemin, ils sortiront à ta rencontre ; par sept chemins, ils fuiront devant toi » ( Deutéronome 28, 7))
Cherchons dans l’Écriture l’attitude de Dieu, de Jésus face aux étrangers de la Foi pour percevoir la présence du Christ, son comportement et ses sentiments à travers ces hommes d’Église qui ont reçu la mission de La porter face aux pauvres pécheurs ( l’Évangile fourmille d’exemples)..
À la suite de son Maître et Seigneur, l’Église, comme le décrit si bien Isaïe (52-53), vit cette confrontation avec l’homme déchu, Elle vit en détail ce que le Christ a vécu … nous ne pouvons pas faire abstraction de ce fait !
Amoris Laetitiae, Fiducia Supplicans, Pachamama, l’ adoration de Luther, le document d’abu Dhabi, Tradionis Custodes, Fratelli tutti, sont des abominations qui effectivement conduisent les âmes en Enfer. Comme le disent Mgr Schneider et Mgr Strickland il y a bien état de nécessité et le sacre d’eveques vraiment catholiques est indispensable.
Me uno inmediatamente a esta suplica.
Ppedror1o@gmail.com
Il n’y a eu aucune ambiguïté dans l’enseignement du pape François et il ne « nécessite » sûrement pas « des décennies de gymnastique théologique »
Monsieur le Chanoine de Shaftesbury, et tous les mécontents…
Ce qui est difficile ?…. C’est l’abandon confiant à Dieu, c’est de retrouver le cœur à cœur avec le Christ, essayons juste, simplement de retourner à l’Oraison ! … jusqu’à ce que notre vie devienne Prière et confiance en Dieu !
Oui nous avons tous soif d’unité et de communion, (enfin c’est ce que nous espérons), mais en faisant du chantage au Corps du Christ ( l’Église), la Fraternité saint Pie X n’obtiendra rien d’autre que la souffrance de l’Église et le silence du Christ subissant des humiliations. … par contre si la Fraternité avait accepté elle-même l’humiliation de retarder ces sacres selon la demande du pape Léon, le Christ aurait vécu avec elle ce désagrément et l’aurait accompagnée de sa grâce dans cette épreuve ( comme ça a été le cas pour Monseigneur Rey) et trouver ainsi, ensemble, la Volonté de Dieu dans cette situation difficile.
Non, cher TD, ce n’est pas Monseigneur Strickland, accusant en public le pape François de détruire la Foi, qui pourra résoudre les problèmes de l’Église !
Je maintiens que Bergoglio de satanique mémoire a été un des pires destructeurs de la foi catholique : Amoris Laetitiae, Fiducia Supplicans, Abu Dhabi Pachamama, Fratelli tutti, adoration de Luther . Comme tous les modernistes vous haïssez tous ceux qui gardent la foi catholique : la Fraternité St Pie X, Mgr Strickland, Mgr Schneider. Et oui les sacres auront lieu à Econe le 1er juillet que cela vous plaise ou non. On ne va pas attendre indéfiniment.
Depuis toutes ces années vous n’avez cessé de m’envoyer en enfer et de m’insulter, me prêtant des sentiments de haine que je n’ai pas, je n’éprouve que de la tristesse de constater que certains d’entre nous n’aient pas entendu Jésus dans les enseignements du Pape François, de la tristesse de vous voir dire des injures contre ce pape, votre bouc émissaire, ce pape qui a réveillé l’Église et poussé chacun à dévoiler son cœur et ses intentions ; grâce à sa mission, nous avons pu découvrir qui a adopté le comportement de Jésus et qui a renoncé à être sauvé par notre unique Sauveur : le Christ-Jésus Lui-même.
Il semble que vous serez en effet Monsieur TD, en première ligne pour regarder la crucifixion de l’Église et ces 2 évêques, vos sauveurs, pourrons « enfin » exprimer leurs vraies intentions et projets pour Elle.
Mgr Schneider reconnait que Mgr Lefebvre -qu’il cite dans son texte- fut un grand confesseur de la foi catholique et soutient les sacres qui auront lieu à Econe le 1er juillet.
Il y a aussi Mgr Strickland qui soutient les sacres.
On ne peut que se réjouir que des évêques suivant l’exemple de Mgr Lazo et Mgr Huonder avant eux, ouvrent les yeux sur la gravité sans précédent de la crise de l’Eglise et se rapprochent de la Fraternité St Pie X.