Gabrielle Cluzel, Fayard, 204 pages, 21,50€
L’époque est au refus de la maternité. Celle-ci serait à la fois un obstacle au plein épanouissement de la femme et un crime contre la planète. Là-contre, avec verve et enthousiasme, Gabrielle Cluzel, rédactrice en chef du site Boulevard Voltaire, nous livre un plaidoyer pour la mère de famille, argumenté et drôle. Ce pamphlet joyeux taille en pièces tous les lieux communs véhiculés par la bien-pensance médiatique. Il ressort de ces observations que dans la société moderne ce n’est pas tant la femme qui serait injustement discriminée que la mère de famille, a fortiori si elle fait partie des 6,3 % de femmes entre 15 et 64 ans, 1,3 millions de personnes, dites « au foyer » pour s’occuper de leurs enfants. L’injustice absolue étant celle du montant des retraites des femmes qui ont renoncé à une carrière professionnelle pour s’occuper de leurs enfants : 169,16 € mensuels pour mon épouse qui a renoncé à sa carrière d’institutrice pour s’occuper de nos 6 enfants… M. Macron et consorts peuvent continuer à se lamenter sur l’effondrement de la démographie française, aucun redressement ne sera possible tant que cette injustice fondatrice n’aura pas été réparée.
Le lecteur est emporté par la pertinence des observations, une certaine autodérision et un heureux sens de la formule. Le chapitre intitulé « Les enfants sont une nuisance » est particulièrement glaçant. En effet, la réalité est que « l’éducation positive », la « communication non violente » et « l’écoute bienveillante » ont engendré une génération de petits monstres, incapables d’obéir et de gérer la moindre frustration. La négociation permanente épuise les parents et les dissuade de perpétuer l’aventure avec de nouvelles petites têtes blondes ou brunes.
Un salutaire coup de gueule en hommage aux véritables aventurières des temps modernes.
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Jean-Pierre Maugendre
