Saint Louis modèle des chefs d’État

François-Régis Legrier, Via Romana, 143 pages, 13 €

À l’occasion du 8ème centenaire du sacre de Louis IX, dit saint Louis, le 29 novembre 1226 à la cathédrale de Reims, paraît opportunément cette brève biographie du saint roi. Il ne s’agit bien évidemment pas de concurrencer la monumentale biographie écrite par Jacques Le Goff (Saint Louis, Gallimard, 1996) mais d’attirer l’attention sur les leçons politiques, qu’à travers le temps, nous donne encore le saint roi. Ainsi dans le conflit de l’époque entre grandes puissances- la papauté et le Saint-Empire romain germanique- Louis IX fait, déjà, le choix d’une politique d’équilibre illustrée par la formule « Ni aligné, ni vassalisé ». Ce long règne de quarante-quatre années conforte l’autorité royale, le monarque ayant le souci de conforter ce que l’on appellerait aujourd’hui son assise populaire par un sens aigu de la justice, la lutte contre la corruption, les grands féodaux et les pratiques usuraires. Homme de foi- il est tertiaire franciscain- saint Louis est cependant parfaitement conscient que le roi de France est « empereur en son royaume ». Il refuse les empiétements de la papauté et un alignement inconditionnel sur le Saint-Siège dans ses conflits avec l’Empire et en particulier avec Frédéric II. Au regard du destin particulier de la France et de son rayonnement international, saint Louis sera surtout l’initiateur de deux croisades en Terre Sainte -en 1248 et en 1270- dont la seconde lui sera fatale. Une salutaire bouffée de chrétienté et une bienvenue leçon de politique alors que les lointains successeurs du saint roi s’avèrent n’être plus aujourd’hui que de talentueux bateleurs d’estrade toujours saisis par l’hubris.

Jean-Pierre Maugendre