Charles d’Azérat, Mareuil Editions, 159 pages, 21 €
Le temps des chevaliers et des guerriers n’est pas révolu ! Quand certains combattent le terrorisme islamiste en allumant des bougies et en scandant « Vous n’aurez pas ma haine », d’autres sacrifient leur jeunesse au service de la France et de sa sécurité. Charles d’Azérat est de ceux-là. Encore enfant, son tempérament de chef s’affirme, conforté par les exemples exaltants de Tom Morel et Hélie de Saint-Marc. Puis ce sera un cursus honorum prestigieux : classes préparatoires au Prytanée militaire de la Flèche où il est « Z corniche » ce qui manifeste, déjà, son ascendant sur ses camarades, intégration à l’Ecole de l’Air de Salon de Provence puis au CPA 10 (Commando Parachutiste de l’Air), unité prestigieuse, la crème de la crème, intégrée au Commandement des Opérations Spéciales. S’ensuivront neuf années d’opérations au Sahel, au Moyen-Orient, en Afrique de l’Ouest. Charles d’Azérat, animé par une foi indomptable, s’efforce d’incarner à chaque instant, sur tous les théâtres d’opérations, ce qu’il estime être les vertus du chef : droiture, sens de la justice, humilité, exemplarité. Son exigence repose sur la conviction que « Les petits renoncements d’aujourd’hui préparent les grandes trahisons de demain ». Entraînements, exercices, opérations s’enchaînent, usant les corps et les âmes. La mort rôde n’épargnant pas les camarades de combat de l’auteur. Nous sommes entraînés dans ce tourbillon d’actions, de courage, de générosité, de solidarité et de sacrifice. Admiratifs de ces chevaliers du ciel sur lesquels veille Saint Michel archange, patron des parachutistes, mais aussi, dans le cas particulier de l’auteur, son épouse aimante et aimée, Aude, à qui il rend si justement hommage. Ce témoignage à la fois éclaire l’homme de la rue sur le fonctionnement des opérations spéciales et illustre la permanence, au service de la France, de ces vertus militaires de sacrifices sans examen préalable, d’obéissance sans hésitation, de courage sans limite et d’honneur qui seules permettent aux nations et aux civilisations de durer. Puisse cet enthousiasmant récit susciter et affermir les vocations de chevaliers et de guerriers dont notre pays a tant besoin pour renouer avec sa mission première de « Fille aînée de l’Eglise » et de « Mère des arts, des armes et des lois ».
Jean-Pierre Maugendre
