C.Dickès, Perrin, 265 pages – 16€
Il est de bon ton, aujourd’hui, de fustiger l’Eglise catholique et de dénoncer ses turpitudes, réelles ou fantasmées, des abus sexuels en tous genres au cléricalisme en passant par l’obscurantisme et le sexisme. Dans cet essai très argumenté, appuyé sur de nombreuses références bibliographiques, Christophe Dickès rétablit quelques vérités à l’encontre de plusieurs lieux communs véhiculés par de nombreux contempteurs de l’Eglise. En dix chapitres articulés sous trois angles différents : la société, la politique et l’humanisme il répond ainsi aux principales critiques faites à l’Eglise. Le propos n’est, bien sûr, pas exhaustif mais l’auteur rappelle opportunément combien notre civilisation a été façonnée par le christianisme et sa vision du monde et de l’homme depuis la conception de notre calendrier grégorien et la sanctuarisation du dimanche jusqu’à la création des hôpitaux et des universités. Il rappelle les efforts de l’Eglise pour limiter les horreurs de la guerre (Paix de Dieu et Trêve de Dieu) et abolir l’esclavage. Evoque les moines et religieux qui furent, en leur temps de grands savants : Roger Bacon (1220-1292) un des pères de la science moderne, Nicolas Copernic (1473-1543) un chanoine polonais partisan de l’héliocentrisme, Gregor Mendel (1822-1884) fondateur de la génétique moderne, etc. Enfin, de manière
contre-intuitive pour la doxa contemporaine, Christophe Dickès n’a pas de mal à démontrer que la laïcité, soit la distinction des pouvoirs spirituel et temporel, est une idée foncièrement chrétienne aux variantes multiples. Avant de conclure sur le rôle éminent joué par des femmes dans l’histoire de l’Eglise depuis la Très Sainte Vierge Marie et les femmes qui accompagnèrent saint Paul dans son apostolat (Phoibé, Prisca, Loïs, Eunice, etc.) jusqu’à aujourd’hui. En conclusion un envoi original consiste à inviter l’Eglise à se réapproprier son histoire. Histoire dont elle n’a pas de raison d’avoir honte même si comme l’écrivait Emile Poulat :
« L’histoire de l’Eglise n’est pas un reposoir de Fête-Dieu ». Comme l’écrit l’auteur :
« L’histoire est là pour nous instruire, parce qu’elle est un vivier d’expériences (…) L’histoire en éclairant le passé aide à préparer l’avenir ».
Un bel et utile acte de piété filiale au service de notre Mère la Sainte Eglise.
______________________________________________
Jean-Pierre Maugendre