Philippe de Villiers, Fayard, 387 pages, 21,90 €
A l’instar de Cassandre alertant, en vain, les Troyens sur les dangers qui mettaient en péril leur cité, Philippe de Villiers poursuit, inlassablement, son œuvre de lanceur d’alerte mettant en garde les Français contre le risque de disparition de la France. Le fondateur du Puy du Fou est hanté par l’angor patriae, l’angoisse de la Patrie, la crainte douloureuse de voir disparaître le peuple français et d’assister à la disparition d’une civilisation, unique et prestigieuse, plus que millénaire. Ne se résignant pas au rôle de spectateur passif et impuissant de la fin d’un monde il dénonce avec vigueur et d’une plume alerte, « à temps et à contre-temps » les complaisances des uns et les lâchetés des autres.
Après avoir observé la manière dont, à travers l’espace et le temps, ont disparu peuples et civilisations, de la chute de Tolède à celle de Byzance en passant par celles de Carthage, Rome ou Machu Picchu notre auteur analyse les maux qui accablent la France et mettent en cause sa pérennité comme nation libre et souveraine fidèle à 1 500 ans d’histoire initiés sur les fonts baptismaux de Reims. Le génie français apparaît en grand danger broyé entre l’enclume de la technocratie matérialiste bruxelloise et le marteau d’un islam dont l’extraordinaire pouvoir de séduction prospère sur le nihilisme de la modernité. Alors que le roman national a été remplacé par la fable multiculturaliste Philippe de Villiers nous fait découvrir les coulisses dans lesquelles a été conçu un tel « petit » remplacement, prélude au « grand » remplacement. Ce bouleversant plaidoyer, servi par une plume étincelante, est à la fois un constat lucide et argumenté mais aussi un appel au sursaut et la résistance « pour refaire des Français » alors que s’applique aujourd’hui encore plus qu’hier à nos classes dirigeantes le constat amer que faisait déjà Marc Bloch en d’autres temps de malheur : « Nos chefs n’ont pas été seulement frappés dans leur courage, dans leur intelligence ou dans leur caractère. Ils ont été frappés dans leur foi. Ils ne croyaient pas à la France ». (L’étrange défaite). Un époustouflant et, peut-être, ultime, cri d’alarme à lire et méditer.
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Jean-Pierre Maugendre
