Jean-Marie Vernier, collection Critères Hora Decima, 63 pages, 10 €
Face à l’effondrement des sociétés occidentales, fascinées par une forme de suicide civilisationnel, l’exaltation de la vie et de la force promue par l’auteur du Gai savoir suscite un regain d’intérêt parmi les jeunes, et les moins jeunes, qui ne se satisfont pas de voir disparaître ce qui fut la civilisation européenne. Dans ce bref opuscule Jean-Marie Vernier, agrégé de philosophie et docteur de l’université Paris IV-Sorbonne, s’attache à nous dévoiler les ressorts de la pensée de Nietzsche et de les confronter au réel. Le portrait ainsi dressé est celui d’un homme submergé par ses émotions et son affectivité dont émerge un culte du moi fait de mélancolie récurrente et d’instabilité psychologique. Le christianisme réduit à une morale répressive devient l’objet d’une haine maladive : « Guerre à mort contre le vice. Le vice est le christianisme. » Ce christianisme voué aux gémonies est « la religion des faibles et des petits » qui mène à « la compassion et à la pitié » qui affaiblissent ainsi « l’énergie du sentiment vital ». Le Surhomme qu’appelle de ses vœux Zarathoustra, au sortir de sa caverne, ne fait appel qu’à ses propres forces pour se dépasser et se surmonter, « bander sa volonté afin de sortir du désespoir qu’engendre immanquablement son altière solitude ». En conclusion l’auteur dénonce les métaphores qui tiennent souvent lieu d’argumentation du plus célèbre des nietzschéens contemporains : Michel Onfray. Une bien utile mise au point en ces temps de confusion intellectuelle majeure.
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Yves Amossé
