Matthieu Lavagna, Salvator, 150 pages, 17,90 €
Peut-on donner la mort par compassion ?
Il est souvent reproché aux adversaires de l’euthanasie de justifier leur opposition à ce permis légal de tuer par des considérations religieuses, de moins en moins audibles dans une société sécularisée. L’immense intérêt de ce passionnant travail de Matthieu Lavagna, préfacé par Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, est d’argumenter sur le plan purement rationnel avec les partisans de l’euthanasie en leur démontrant que leur position est logiquement incompatible avec un des principes fondateurs de la société moderne soit la dignité inaliénable de la personne humaine conformément à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948.
Avec beaucoup de bon sens et en s’appuyant sur de nombreux exemples, l’auteur démontre les incohérences majeures entre les positions des défenseurs de l’euthanasie et de nombreuses dispositions du code pénal. Si chacun est libre de mettre fin à ses jours quand il le souhaite, pourquoi lutter contre le suicide ? Si chacun peut faire ce qu’il veut de son corps, pourquoi interdire la prostitution, la commercialisation des dons d’organes et …le lancer de nains ? Si la dépendance absolue est un critère d’élimination physique pourquoi ne pas supprimer tous les nouveau-nés ? L’aide active à mourir est une contradiction dans les termes. En effet aider une personne consiste à améliorer sa situation, pas à supprimer son existence.
Matthieu Lavagna, apologète désormais reconnu, n’élude aucune difficulté : les souffrances insupportables, l’acharnement thérapeutique, le coût des soins palliatifs, etc. et dresse un bilan, objectivement terrifiant, de la situation des pays dans lesquels l’euthanasie a été dépénalisée. Une réflexion sereine et dépassionnée, intelligemment argumentée, au service de la vie humaine innocente.
Jean-Pierre Maugendre
