Robert Hugh Benson, Pierre Téqui, 381 pages – 9€
Fils de l’archevêque anglican de Cantorbéry, converti au catholicisme puis ordonné prêtre, Robert Hugh Benson n’est pas un personnage ordinaire. Les éditions Téqui ont eu la bonne idée de rééditer son livre le plus célèbre publié originellement en 1907. Dans sa préface Mgr Rougé, évêque de Nanterre, conceptualise la trilogie des prophètes anglo-saxons qui ont, selon lui, le mieux anticipé les défis de la modernité : R.H. Benson, dont il est ici question, dans son roman : Le maître de la terre, Aldous Huxley, en 1932, avec Le meilleur des mondes et, bien sûr, Georges Orwell, en 1949 dans 1984. On ne peut pas dire que ces dystopies soient très réconfortantes, mais elles apparaissent tellement réalistes.
Alors que le monde est partagé entre trois empires : Orient, Occident et Amérique Julian Felsenburgh, apparaît comme un personnage éminemment charismatique seul à même d’instaurer une forme de paix mondiale. Cependant sous des apparences humanistes se met en place un impitoyable système totalitaire dont les premières victimes sont les catholiques coupables de ne pas se rallier à la modernité. Avec une préscience très surprenante, anticipant des faits jusqu’en 1972, l’auteur annonce des événements difficilement concevables en 1907 : un Concile Vatican II, l’abolition de la peine de mort, la banalisation de l’euthanasie, le développement du transport aérien, un réchauffement climatique, etc. En revanche il ne prévoit pas la montée en puissance de l’Islam, pas une seule fois mentionné.
Rome détruite, le Saint-Père tué, le Sacré-Collège quasiment anéanti, un simple prêtre, Percy Franklin, anglais bien sûr, devient pape et essaye d’assurer la survie de l’Eglise face au « maître de la terre » et ses séides dont un cardinal félon. On s’y attendait…
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Jean-Pierre Maugendre
