Pascale Morinière, Editions du Cerf, 172 pages, 18 €
Le constat est triste mais lucide : cellule de base de toute société humaine, la famille n’est absolument plus au centre des préoccupations des pouvoirs publics. En France, cette situation est particulièrement criante, comme l’atteste le sondage OpinionWay publié le 15 mai dernier à l’occasion de la Journée internationale des familles : une famille sur deux juge le soutien de l’Etat insuffisant, notamment lors des cinq premières années de la vie de leur enfant. Médecin généraliste et présidente depuis 2009 de la Confédération nationale des associations familiales catholiques, Pascale Morinière livre, en praticienne, dans un petit ouvrage percutant, une analyse argumentée des attaques tous azimuts subie par la famille traditionnelle depuis plus de cinquante ans dans notre pays.
Alors que les bienfaits d’une famille stable et aimante sur la construction harmonieuse des jeunes générations sont indiscutables, le règne de l’individualisme appliqué à tous les secteurs de la vie sociale, politique voire fiscale conduit à rabaisser la famille et à rendre l’accueil de l’enfant de moins facile. Une étape est même franchie depuis quelques années avec la dévalorisation de la parentalité (revendications No kids) qui, couplée aux ravages de l’éducation positive et du wokisme environnemental, fait passer les familles accueillant plusieurs enfants, au mieux comme des irresponsables, au pire comme des nuisibles insouciants du sort de la planète. Dans ces conditions, comment donner crédit au fameux « réarmement démographique » décrété par notre président de la République… qui ne montre pas plus l’exemple en la matière que son Premier ministre du moment.
« Rude école certains jours ! Mais cette école est bien l’aventure de toute une vie qui amène à passer du « moi tout seul » de l’enfant de deux ans au « toi d’abord » de la maturité » souligne Pascale Morinière. À l’heure où nos sociétés occidentales semblent entraînées dans une spirale de déclassement, la famille, avec ses trésors de vitalité, d’espérance dans l’avenir et, osons le mot, d’amour intergénérationnel, constitue bien LA réponse à la sinistrose ambiante et aux défis du XXIe siècle.
Margaret Wandsworth