Cyrille Dounot, Hora Decima éditions, 71 pages, 10€
Voici un très précieux, synthétique et documenté travail sur ce qu’il est convenu de nommer la libertas ecclesiae. C’est-à-dire la liberté de l’Église de prêcher « à temps et à contre-temps » (2 Tim 4,2) la vérité de l’Évangile. La « dictature du relativisme », selon la forte expression de Benoît XVI, prétend interdire à l’Église de porter un jugement à l’encontre de la doxa contemporaine dans trois domaines bien précis. Tout d’abord la morale conjugale et sexuelle : avoir un avis négatif sur l’avortement, le préservatif ou l’homosexualité est devenu passible des tribunaux. Ensuite, le droit des parents à choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants est de plus en plus remis en cause. Il s’agit prioritairement pour les autorités politiques de « faire partager aux élèves les valeurs de la République » dont feraient partie : la mixité sociale, la lutte contre les discriminations de genre, l’exaltation de la sexualité récréative, etc. Enfin, le principe de laïcité induit logiquement la privatisation de toute croyance transcendante et l’abolition de tout symbole religieux dans l’espace public. D’où les décisions judiciaires d’interdictions de crèches de Noël dans des lieux publics et les débats surréalistes pour savoir si une crèche est un événement cultuel ou culturel. Le constat dressé est très argumenté et, il faut en convenir, un peu terrifiant.
Cependant des résistances à cette pensée unique existent et des signes d’espérance se manifestent. Ainsi, par arrêt du 16 novembre 2022 la cour d’appel de Paris a relaxé Jean-Pierre Maugendre, poursuivi par trois associations LGBT, au motif de « provocation à la discrimination à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle », arguant que « ces propos -sur le caractère peccamineux des unions homosexuelles- ne font qu’exprimer l’opinion de l’Église catholique sur la question des unions civiles entre personnes de même sexe (…) propos protégés par la liberté d’expression et d’opinion ». De même le développement des écoles catholiques hors contrat d’association avec l’État manifeste une prise de conscience de nombreux parents face au formatage idéologique promu par les pouvoirs publics. Enfin, une association comme l’AGRIF (Alliance Générale contre le Racisme et pour la défense de l’Identité Française et chrétienne) a à son actif de nombreuses victoires judiciaires face aux attaques christianophobes.
Quoi qu’il en soit dans cette bataille pour la liberté de l’Église l’ouvrage de Cyrille Dounot est désormais une référence incontournable et précieuse.
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Yves Amossé
